Dernière version du 18.04.2008 20h10
Sommaire
1 Intro
2 Montée au pouvoir : coup d’Etat
3 Le Chili sous Pinochet
4 Chicago Boys
5 « Caravane de la mort »
6 La chute
7 Vocabulaire
[modifier (
modifier-240-section-1.cours)]Intro
Augusto Pinochet est né le 25 novembre 1915 à Concon (Chili). Il est mort le 10 décembre 2006 à Santiago (Chili). Sa famille est originaire de Bretagne. Il fut membre de la franc-maçonnerie pendant une très courte période : du 28 mai 1941 au 24 octobre 1942.
En 1933, alors qu'il a 18 ans, et après 3 tentatives, il entre dans une école militaire.
Après 4 ans, il devient sous-lieutenant dans l'infanterie. Son service militaire commencé, en septembre 1937, il rejoint le régiment Chacabuco. Il obtiendra ensuite le grade de lieutenant.
Pinochet aura un rôle dans la guerre froide (1947) ; il sera capitaine et responsable d'un camp de prisonnier à Iquique où sont détenus les dirigeants du parti communiste.
Il devient commandant et officier de l'Etat major.
Salvator Allende est au pouvoir au Chili, jusqu'en 1973 où le Parlement vote la destitution du Président de la République. Le Parlement va plus loin en appelant la population à la désobéissance civile. Pour rétablir l'ordre, Allende nomma comme commandant en chef de l'armée chilienne son ami proche Augusto Pinochet. Il n'est alors que connu pour être anti-communiste et pour être un très bon militaire.
Il faut dire aussi que le gouvernement d’Allende n’avait jamais eu le soutien de la masse populaire. Il avait été élu à la suite d’un accord avec les démocrates-chrétiens, et il avait ensuite dû gouverner à coups d’accords et d’arrangements fragiles. Sa légitimité politique était donc faible.
[modifier (
modifier-240-section-2.cours)]Montée au pouvoir : coup d’Etat
Un coup d’Etat a eu lieu au Chili, le 11 septembre 1973. Il a été mené par les forces armées qui ont renversé le gouvernement Allende et ont mis un terme à l’Unité Populaire (UP), qui est une alliance des forces politiques de gauche qui avaient été élues démocratiquement au pouvoir en 1970.
L’UP avait pour but de tracer pacifiquement une voix chilienne vers le socialisme.
Dans les années 1970, il était typique qu’une dictature soit mise en place dans des régimes en plein développement. Il y a à cette époque là 3 dictatures en Europe (Grèce, Portugal et Espagne (Franco)), ainsi que plusieurs dans certains pays d’Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay et l’Uruguay).
Jusqu’alors, la Constitution de 1925 n’avait jamais été remise en cause, et l’armée était loyaliste et apolitique.
C’est le 8 septembre 1973 que tout commença quand l’amiral Merino demanda à Pinochet de prendre la tête du coup d’état. Le programme de ce coup d’Etat était entre autres de terroriser la population pour éliminer l’ennemi intérieur : les « marxistes ».
Lorsque le général Pinochet arrive au pouvoir, le pays est quasiment dans un état de pré-guerre civile. Il est en tout cas dans un état de conflit ouvert entre 2 parties de la population. Le Chili n’avait plus les ressources économiques nécessaires pour soutenir un rôle d’Etat Providence (voir Voir: Définitions et généralités en économie (
197-economie--definitions-et-generalites.cours#Dpercent_signeC3percent_signeA9finitionpercent_signe20depercent_signe20l'percent_signeC3percent_signeA9conomiepercent_signe20politique] ⇒ Adaptation régulée). C’est pour ça que Pinochet a fait appel aux Chicago Boys ([voir chapitre spécifique)).
De 71 à 73, le gouvernement d’Allende, avait voulu accomplir une révolution économique et sociale avec la nationalisation des entreprises étrangères et une réformes agraires (redistribution des terres). Ces mesures prises par Allende avaient provoquées l’effondrement économique du pays avec une terrible inflation*, une carence en produit les plus élémentaires et un mouvement de protestation parmi les classes moyennes. Les transports étaient en grève : tout était bloqué. Ce qui est assez paradoxal c’est qu’Allende, pourtant très légaliste et confiant dans l’armée, a confié son commandement au général Pinochet, lui offrant donc la possibilité de réaliser son coup d’Etat. Le putsch** s’est donc déroulé très rapidement.
A ce moment-là, Pinochet était un homme conservateur mais sans orientations politiques bien précises. Il représentait les officiers mais aussi une grande partie de la population chilienne. Son putsch était attendu par une partie importante de la population.
Plusieurs causes de ce coup d’Etat ont été évoquées : certains voient l’envie des forces armées chilienne aidées par les Etats-Unis de mettre fin à ce régime politique qui leur semblait menacer l’unité de la Nation. D’autres voient plutôt les divisions internes qui sont intervenues dans l’UP au niveau des différents points de vue comme la cause. D’autres encore pensent qu’une partie de la société chilienne était contre le passage à un socialisme d’Etat.
On peut cependant penser que ces trois facteurs ont joué un rôle important.
Le coup d’Etat se termina dans la violence par le suicide d’Allende (suicide longtemps controversé dans le sens où les médias ont longtemps cru à un assassinat), mais aussi par la « chasse aux marxistes » qui avait pour but de persécuter les communistes autour des usines, les paysans, les journalistes favorables à Allende. Des centaines d’étrangers furent arrêtés et torturés, accusés d’avoir été favorable au « complot marxiste » au Chili.
Après le coup d’Etat, le Parlement est dissout, le communisme est interdit et les partis politiques sont suspendus.
[modifier (
modifier-240-section-3.cours)]Le Chili sous Pinochet
Pinochet est resté à la tête du pays durant 16 ans. Pinochet a su rester au pouvoir en partie grâce à la répression mais aussi grâce au soutien intérieur qui lui permet de poser fermement son pouvoir. De l’Eglise, au milieu industriel et financier, en passant par une bonne partie des classes moyennes sont d’accord avec l’intervention des forces armées qui mettait un terme aux nombreuses grèves qui paralysaient le pays et écartait une révolution socialiste.
Les personnes allant à l’encontre du régime étaient persécutés. La presse et la radio étaient contrôlés.
Le régime de Pinochet restreint les libertés individuelles du peuple. Il en sera notamment prévenu par Jean-Paul II.
Pinochet créa une police politique sous le nom de DINA. Elle organise disparitions et assassinats.
Elle sera remplacée en 1977 par la CNI (Centrale nationale d’information), qui sera tout aussi « efficace » dans la torture.
[modifier (
modifier-240-section-4.cours)]Chicago Boys
Les Chicago Boys sont des économistes libéraux venus des Etats-Unis pour conseiller Pinochet.
Ils vont commencer par une phase d’ajustement récessif et cela va mener à une étape de prospérité et de redistribution des richesses. L’inflation va être contrôlée, ainsi que la stabilisation monétaire. Il y aura une baisse des dépenses publiques et une lutte contre les déficits budgétaires. Il y aura une réduction considérable du pouvoir de l’Etat qui va être mis en œuvre à partir des années 1970.
Le taux de croissance dépasse les 7percent_signe lors des 8 premières années (1984 – 1989). La classe moyenne se développe alors et le combat contre l'analphabétisme porte ses fruits.
Pinochet devient « l'homme qui a sauvé le Chili du communisme » pour la droite et les milieux d'affaires.
Opération Condor
L’opération Condor a été élaborée avec la collaboration de différentes dictatures militaires (Brésil, Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay). C’est une campagne d’assassinats et de contre-terrorisme qui a pour objectif d’éliminer le marxisme. La diplomatie nord-américaine a soutenu cette opération qui sera à l’origine de 50.000 à 70.000 meurtres ou disparitions.
[modifier (
modifier-240-section-5.cours)]« Caravane de la mort »
Ce nom désigne un escadron de la mort qui parcoura le Chili du 30 septembre au 22 octobre 1973. Dirigée par le général Pedro Espinoza Bravo, elle aurait assassiné environ 120 personnes. Cette caravane visait essentiellement les membres du Parti socialiste chilien, ceux du MIR, ou du Parti communiste, mais aussi des citoyens sans aucune appartenance politique. C’est grâce à cette charge que le juge espagnol Baltasar Garzon a fait arrêter le vieux dictateur à Londres en 1998.
C’est le 23 mai 2000 que la Cour d’Appel de Santiago du Chili leva l’immunité de sénateur à vie du général Pinochet. Le 1er décembre on l’inculpe pour la mort des 75 opposants tués en 1973 par la Caravane de la Mort mais la procédure fut suspendue à cause de l’état de santé de Pinochet.
[modifier (
modifier-240-section-6.cours)]La chute
La première protestation contre le régime a lieu le 11 mai 1983. Elle inclut les ouvriers, les mineurs du cuivre et les étudiants.
Il y a une « usure » de l’opinion et il a été en quelque sorte renversé par le processus démocratique qu’il avait lui même déclenché pensant qu’il tournerait à son avantage. Il est donc parti légalement en 1990. Une coalition du centre et du centre gauche est arrivée au pouvoir.
Pinochet a donc dû accepter une certaine ouverture politique avec la réouverture des listes électorales et la légalisation des partis. Les Etats-Unis, contre le marxisme en Amérique, étaient plutôt favorables au rétablissement de la démocratie.
C’est en 1988 que Pinochet demande un nouveau mandat par le biais d’un référendum. Tout les partis peuvent s’exprimer.
Une campagne massive a été organisée par l’opposition, et qui a finalement remporté 56percent_signe des suffrages.
Patricio Aylwin est alors, en mars 1990, élu Président de la République. Pinochet restera cependant encore 7 ans chef des armées.
Pinochet va perdre, au fil des années, sa popularité au Chili. Les gens le voient plutôt comme un « ancien aux bonnes idées ». C'est alors qu'en 1998, alors qu'il est très âgé, il quitte son poste de commandant en chef de l'armée.
Il faut quand même dire que Pinochet avait été réélu pour 8 ans le 11 septembre 1980 avec le soutien de 66percent_signe des électeurs.
[modifier (
modifier-240-section-7.cours)]Vocabulaire
.* Inflation : ÉCON. POL. Inflation (monétaire). Déséquilibre économique se traduisant par la hausse de prix et dû à l'augmentation du volume monétaire en circulation, au déficit budgétaire, à l'excès du pouvoir d'achat des individus par rapport aux biens mis à leur disposition.
** Répression : Action de réprimer, de prendre des mesures punitives contre ceux qui sont jugés contrevenir aux règles, aux lois ou aux options d'un gouvernement, d'une société ou à la morale; fait d'empêcher par la violence un soulèvement collectif.
*** Putsch : Soulèvement opéré par un clan militaire ou un groupe politique armé pour s'emparer du pouvoir par la force.