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Apparition de l'écriture

Dernière version du 19.05.2007 22h49

[modifier (go to modifier-250-section-1.cours)]En mésopotamie

L'histoire de l'écriture débute aux environs du VIè siècle avant Jésus Christ, en Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate. La région se partageait alors entre le pays du nord, Akkad, et le pays du sud, Sumer. Les Sumériens et les Akkadiens parlaient des langues différentes ; ils vivaient en communauté dans des villes, sous l'autorité d'un souverain, et sous la protection de nombreux dieux.
Les premières traces d'une écriture ont été découvertes sur des tablettes d'argile, au pays de Sumer (temple d'Uruk). Ces tablettes d'Uruk comportent des inventaires de grains, de bétail. Ils s'agit donc de signes décrivant l'état d'une comptabilité. Ces signes sont en fait des pictogrammes, des représentations stylisées. Par exemple une tête de boeuf décrit cet animal, un triangle pubien avec le trait d'une vulve désigne une femme. Ces pictogrammes pouvaient être combinés pour exprimer une idée (d'où le terme d'idéogrammes). Les chercheurs ont recensé environ 1500 de ces pictogrammes.


Voici un schéma représentant l'évolution des pictogrammes (se référé à la légende en dessous de l'image) :
Pictogrammes

Légende :
1è ligne : La tête de boeuf désignait l'animal ; la 1è évolution fut une rotation de 90° pour faciliter l'écriture, puis évolution vers le remplacement progressif par une écriture cunéiforme.
2è ligne : le triangle pubien représente la femme, puis évolution vers le cunéiforme.
3è ligne : combinaison de 2 pictogrammes désignant les femmes des montagnes, puis évolution.


Au début du IIè siècle, le pictogramme évolue de la représentation d'un objet à son concept abstrait. Les scribes utilisaient des tablettes d'argile et des "calames", roseaux taillés en pointe, puis plus tard en biseau pour imprimer dans dans l'argile des empreintes en forme de coins et de lignes formant des sortes de clous sensés représenter les dessins primitifs. De là l'écriture "cunéiforme" tire son nom, du latin "cuneus", clou.

Tablette écriture
Cette tablette d'argile et calames présente un exemple d'écriture cunéiforme réalisée avec les "calames" dont on a recensé 3 types : le triangulaire pour former les coins, celui à bout creusés pour les clous et celui à bout rond pour les chiffres.

A ce stade, chaque signe pouvait, selon le contexte, avoir plusieurs sens. Dès lors que les signes ne représentent plus qu'eux-mêmes, et non plus un objet ou un être, leur nombre diminue. Le nombre de 600 a été avancé par les chercheurs.
L'étape suivante de cette évolution fut considérable ; les signes furent utilisés pour représenter les sons de la langue parlée. C'est la naissance du phonétisme. Les Sumériens eurent le trait de génie d'utiliser la méthode du rébus ; un pictogramme ne désignait plus un objet ou un être, mais un autre objet au nom phonétiquement voisin. Par exemple le pictogramme sumérien de la flèche qui se disait "ti" désignait la vie qui se disait également "ti".
Cette évolution fut complexe, au point que les scribes sumérien utilisèrent des signes "classificateurs" pour savoir si le signe évoquait un son ou un objet.
Au début du IIè millénaire, les Akkadiens dominèrent la Mésopotamie. Rapidement, l'akkadien fut la seule langue parlée. Le sumérien fut relégué au rang de "langue sacrée". L'écriture cunéiforme devint alors une écriture à part entière, capable de transcrire la langue akkadienne et la langue sumérienne. Elle fut adoptée officiellement par le royaume Babylonien (-1760). Successivement et progressivement, les sumériens, les akkadiens, les babyloniens puis les assyriens inventèrent la correspondance, le courrier, les enveloppes (en argile).

[modifier (go to modifier-250-section-2.cours)]En Egypte

Parallèlement au développement de l'écriture mésopotamienne, d'autres systèmes se développent. C'est notamment le cas en Egypte avec les "hiéroglyphes" du grec "hieros", sacré et "gluphein", graver. Selon les antiques égyptiens, cette écriture leur fut donnée par le dieu Thot. Contrairement au cunéiforme, abstrait, géométrique et quelque peu austère, les hiéroglyphes sont poétiques, vivants, car composés de dessins admirables : têtes humaines, oiseaux, plantes et fleurs...
Les premiers hiéroglyphes découverts remontent au IIIè millénaire avant Jésus Christ. L'écriture hiéroglyphique n'a pratiquement subi aucune évolution jusqu'en 390 après Jésus Christ. Cependant, le nombre de signes passa progressivement de 700 à 5000 !
Contrairement à l'écriture sumérienne, l'écriture égyptienne fut dès le début utilisée pour représenter la langue parlée, mère de l'actuelle langue copte. Dès l'origine elle transcrivait des réalités abstraites et concrètes (agriculture, médecine, éducation, religion, légendes, droit, littérature...
L'écriture égyptienne était constituée de trois types de signes :

  • les pictogrammes, dessins stylisés représentant des objets ou des êtres,
  • les phonogrammes, représentant des sons,
  • les déterminatifs, indiquant de quelle catégorie de choses ou d'être il s'agit.

Elle se lisait de droite à gauche, le sens étant donné par l'orientation des têtes humaines ou des oiseaux. Le support traditionnel de l'écriture était le papyrus. Le papyrus est une plante des marécages de la vallée du Nil. La tige était découpée en fines bandes, assemblées en se chevauchant. Deux couches croisées étaient superposées, la surface plane et souple ainsi obtenue était séchée par pressions puis polie. On collait, avec une pâte à base d'amidon, une vingtaine de feuilles à la suite, produisant un rouleau de plusieurs mètres de longueur.
Le scribe travaillait assis en tailleur, le papyrus entre les genoux. Il utilisait une baguette de roseau dont l'extrémité était martelée ou taillée. L'encre noire était préparée à base de suie et d'eau complété de gomme arabique. Les titres et en-têtes étaient écrit à l'encre rouge, obtenue par un mélange de poudre de cinabre, de sulfure de mercure, ou d'oxyde de plomb.
Parmi les documents découverts les plus fameux, figure le "Livre des morts" écrit sous la XIXè dynastie pharaonique (XIIIè siècle avant Jésus Christ). Ce livre est lu par les prêtres lors des funérailles ; il raconte en une vaste fresque le parcours des morts au-delà de la vie présente.

Ecriture
⇒ Exemple de hiéroglyphes couchés sur un papyrus.
Il s'agit du "Livre des morts" qui décrivait le cheminement de l'âme des défunts. Véritable viatique pour ce voyage vers l'éternité, le livre était lu au cours des funérailles.

En Egypte comme en Mésopotamie, la connaissance de l'écriture est une source considérable de pouvoir. Les scribes formaient ainsi une puissante caste.
Pour faire face aux contraintes de la vie quotidienne des scribes, la difficile et longue écriture hiéroglyphique donna naissance à une écriture cursive simplifiée, dite "hiératique" ou "sacerdotale". Vers 650 avant Jésus Christ, apparaît une écriture cursive plus claire et rapide, appelée "démotique" ou "populaire" couramment utilisée en Egypte.
La fameuse pierre de Rosette qui permit à Champollion de découvrir le secret des hiéroglyphes, figure le même texte en démotique, hiéroglyphe et grec. Quelques caractères de l'écriture démotique ont survécu dans l'écriture copte.

Dernière mise à jour: le 19.05.2007 à 23:49
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