Membres

  • Inscription
  • Mot de passe perdu ?

Cours

  • Cours
  • Ajouter un cours

Ressources

  • Forums
  • Études
  • Outils
  • Images

Site

  • A propos
  • Newsletter
  • Charte
  • Accessibilité
  • Contact
  • Nous aider

Licence

  • Creative Commons

Partenaires

  • BrightMarks
  • Studiz

15 connectés
3741 membres

Daskoo

 :

  • Accueil
  • Cours
  • Forums
  • Dossiers
  • Outils
  • Études
Groupe : Visiteur
Chemin : Daskoo > Cours > Economiques & sociales > Introduction à la sociologie politique
  • Le cours
  • Discussion
  • Historique
  • Modifier
  • Imprimer cette version

Introduction à la sociologie politique

Dernière version du 01.09.2007 13h11

Sommaire

1 Les interrogations sur la Science Politique
1.1 Définir le ou la Politique
1.2 La Science Politique
1.3 Travail sur les documents
1.4 Synthèse
2 Ce qu'il faut retenir
2.1 Le/la politique
2.2 La science politique

Bienvenue dans ce cours de Sociologie Politique, de 1ère ES, spécialité SES. Prérequis : aucun.

Dans ce cours, je vais tenter de vous faire saisir la différence entre le et la politique. Vous verrez d'ailleurs qu'il y a un réel sexisme dans cette différence d'usage d'un article ou de l'autre -_-. Nous allons également voir quel est le but de la science politique.


Petite mise en bouche sur la notion de politique avec deux textes sur le désintéressement des jeunes par rapport à la politique :).

Citation de Les jeunes et la politique, auteur hélas inconnus
« T'en as pas marre, t'en as pas marre toi de ces bobards racontés chaque jour par ces politi... ? Car tu as le droit de cité, à toi de jouer, use ton intelligence pour bouger dans le bon sens. Reste pas de glace, inconnu dans la masse. Laisse pas ces double-face décider à ta place. Lâche pas l'affaire ou c'est l'enfer, sur cette terre y'a plein de choses à faire [...] ». Définitivement dépolitisés, irrécupérablement anesthésiés, les jeunes qui scandent ce morceau de rap composé par Jean-Pierre Masdou, champion de boxe française et président de Droit de cité, un réseau d'associations qui milite pour le réveil des banlieues ? Provocant et tonique, le message des rappeurs traduit bien l'ambigüité des liens entre la jeunesse et la chose politique en cette dangereuse fin de de siècle.

Côté pile, il n'attendent rien d'hommes politiques jugés menteurs, arrivistes et manipulateurs.

Citation de P. Bernard, Le monde, 28 mai 1994
Fâchés avec les partis et leurs caciques, les jeunes sont loin d'avoir rompu avec l'idée d'engagement. Un quart d'entre eux seulement en écartent totalement la perspective, ce qui révèle, pour Anne Muxel, la « grande disponibilité potentielle » de « cette génération en mal de politique ». Plus de neuf jeunes sur dix pensent que la société française doit être réformée (74%), voire radicalement changée (20%), ce dernier taux atteignant même 45% chez les non-diplômés. Quant au droit de vote, il fait partie des trésors de la démocratie que les jeunes ne sont pas prêts de vouloir brader : 93% trouverait « grave » ou « assez grave » qu'on vienne à le supprimer. Porteurs d'exigences éthiques (transparence, dignité, objectivité, proximité, bonne volonté, capacité à reconnaitre ses erreurs et les mérites de l'adversaire), les jeunes bricolent eux-mêmes de nouvelles formes d'organisation et d'engagement. [...]

Paradoxe suprême, au moment où la classe politique cherche désespérément le moyen de renouer avec la jeunesse à coups de campagnes de communication, une partie de celle-ci redécouvre le plaisir d'agir pour la cité. Exerçant leur citoyenneté à différents niveaux de la vie sociale, et non uniquement à l'occasion des élections, les jeunes sont porteurs de l'exigence d'un redéploiement de la démocratie. Loin d'annoncer la mort du politique ils pourraient être les inventeurs de nouvelles formes de représentation locale. Un message à entendre, pour ne pas être réveillé par l'explosion.

[modifier (go to modifier-288-section-1.cours)]Les interrogations sur la Science Politique

[modifier (go to modifier-288-section-2.cours)]Définir le ou la Politique

On entend souvent « moi je ne fais pas de politique », « ne parlons pas de politique... » ou encore « la politique, c'est du spectacle, du théâtre ».

Pour l'opinion publique, le mot politique est chargé d'un contenu fortement péjoratif. L'activité politique est une activité dégradante, sale, inutile, menaçante pour la paix des âmes par les tensions qu'elle suscite ; un autre point de vue marquant est que « la politique, c'est une affaire de spécialistes », voulant dire que c'est le domaine réservé de professionnels, un jeu pour les loups, les ambitieux avides de pouvoir, et qui s'achève par « tous pourris (sauf moi) », puisque le but de l'homme politique est de confisquer le pouvoir à son profit.

Enfin, le langage commun l'utilise à toutes les sauces : on évoque la politique de Raymond Domenech, celle du proviseur du lycée... Ainsi, on voit que le mot Politique est un mot « caméléon », un mot « valise », qu'il nous faudra préciser, parce que « si vous ne vous occupez pas de politique, la politique s'occupe de vous ».

En effet, elle est omniprésente et traverse la Société de part en part : « tout est politique », « toute question devient politique » affirment les politistes ou politologues ; elle est au cœur de notre existence et ne se réduit pas à de simples querelles inutiles ou académiques.

Ce début de cours va viser à nous interroger sur ce que sous-entend le mot politique, sur son essence.

[modifier (go to modifier-288-section-3.cours)]La Science Politique

Si la science est « la représentation causale et objective de la réalité, alors le Politique est une science, au même titre que l'Économie, l'Histoire, et ces deux vocables "Science Politique" produisent des politologues qui cherchent à analyser les relation de pouvoir et les principes d'organisation de la Cité, tout en sachant les limites lies à la complexité du fait humain.

[modifier (go to modifier-288-section-4.cours)]Travail sur les documents

Je vais maintenant tenter de vous faire lire des documents de différents auteurs afin de saisir la différence entre le et la politique. Ils vous paraitront peut-être arides à la première lecture, mais ne vous inquiétez pas : dites-vous bien que c'est la même chose pour tout le monde. Faites attention à bien vous dire que tous les textes que vous allez lire n'exprimerons pas le même avis, et ne donneront pas des définitions identiques du politique et de la politique. Il y aura également des textes sur le travail de la science politique. C'est parti ! :chevalier:

Citation de « La et le politique », Philippe Braud, La science politique, PUF, 2000 (1ère édition : 1982)
La politique. – [...] Concrètement [ce terme] rend compte de la concurrence, électorale ou non, entre partis et personnalités politiques pour le contrôle de l'État et celui des collectivités régionales ou locales. [...]

Le politique. – [...] On peut [...] désigner sous ce terme un champ social de contradictions et agrégations d'intérêts (ou d'aspirations), régulé par un pouvoir détenteur de la coercition légitime[1 (go to #wiki-footnote-1" id="rev-wiki-footnote-1)].

[...] Si, dans la société, il n'y avait pas de conflits [...] entre patrons et ouvriers, entre producteurs et consommateurs, entre actifs et retraités, entre villes et campagnes, entre religions, groupes ethniques, minorités linguistiques, etc., sans oublier les conflits potentiels au sein de chacun de ces groupes, [...] il ne serait pas nécessaire d'édicter des normes contraignantes, sanctionnées au besoin par la force. [...] En réalité, c'est bien l'existence de conflits, réels ou virtuels, qui exige la mise en place d'un pouvoir politique dont la tâche est de prévenir ou réguler la antagonismes qui traversent la société.

Aucun problème de société n'est intrinsèquement politique mais n'importe lequel peut le devenir. Ainsi, la question de l'avortement dans les années soixante-dix, le mouvement des sans-papiers dans les années quatre-vingt le deviennent lorsqu'ils suscitent des mobilisations d'aspirations ou d'intérêts contradictoires que les partis soutiennent ou combattent ; le pouvoir politique ne peut plus ou ne veut plus les ignorer.

Citation de « Les principes d'une approche scientifique des phénomènes politiques », Philippe Bénéton, Introduction à la politique, PUF, 1997
[Tout d'abord, le politologue] doit rompre avec le sens commun aussi bien qu'avec ce qu'il a cru tirer de son expérience personelle [...]. Le sens commun ou l'expérience spontanée sont encombrés de prénotions ou préjugés. [...]

La seconde règle, la règle de neutralité, commande à l'homme de science de s'abstenir de tout « jugement de valeur ». La science observe, expérimente, explique, elle ne juge pas, elle ne prescrit pas. [...]

En troisième lieu, la science de la société suppose la technicité. Le savoir scientifique passe par l'usage de techniques [adaptées]. Des techniques d'enquête, d'analyse de données qui sont les instruments d'une connaissance empirique[2 (go to #wiki-footnote-2" id="rev-wiki-footnote-2)] rigoureuse, des techniques de formalisation qui permettent l'élaboration de modèles. [...]

Dernière règle enfin, les sciences sociales visent à la généralité. [...] Les sciences sociales visent à mettre en lumière [...] des régularités : comment en matière sociale s'enchainent les causes et les effets.

Citation de « Une ambition limitée », Jean-Marie Denquin, Introduction à la science politique, Hachette, 1992
Les sciences de la nature [...], comme la physique par exemple, permettent de dégager des lois, suffisament précises et générales pour rendre possible la prévision. Elles ont ainsi accru dans des proportions immenses la maitrise de l'humanité sur le monde.

Les sciences humaines, au contraire, ne permettent pas l'élaboration de lois générales. Cette différence s'explique d'abord par la complexité des phénomènes sociaux, résultantes de l'action d'un nombre considérable d'individus [...]. Elle s'explique aussi par l'impossibilité d'appliquer la méthode expérimentale :on ne peut cultiver une société in vitro comme une colonie de microbes. [...]

La science politique, tout en apportant aux acteurs du jeu politique des éléments d'appréciation nécessaires pour les guider dans leur tâche, ne peut leur fournir des instruments suffisants pour décider à coup sûr. [...] Elle ne saurait aboutir à la formulation de lois qui permettraient de prévoir l'évolution des phénomènes, a fortiori de les modifier dans le sens désiré.

Citation de « Le ou la politique ? », N. Tenzer, La Politique, Que sais-je ?, PUF, 1991
La politique désigne évidement l'art de gouverner un État – on définit une politique – mais aussi le jeu qui va aboutir à ce que le gouvernement puisse gouverner – la politique regroupe à la fois les débats inhérents à cet art et les modes d'accès au gouvernement. Ceci fait apparaitre une triple nature de la politique : elle est à la fois chose du gouvernement – indépendamment de son mode d'organisation politique – chose des hommes politiques – des politiques – et chose du corps politique – des citoyens.

Ce que l'on appelle le politique est pareillement ambigu, même si l'emploi de substantif[3 (go to #wiki-footnote-3" id="rev-wiki-footnote-3)] dénote déjà une conception de la chose politique qui est loin d'être universellement admise. Parler du politique signifie une désignation par un seul mot de tout ce qui relève du gouvernement de la société – le politique, ce sont à la fois des institutions, les hommes, le discours théorique, la conception politique de l'homme, de la religion, de l'art, de l'idéologie, etc. Cette désignation autorise la liaison conceptuelle entre presque tous les types d'activités, pratiques et réflexives par un terme unifiant, et la perception d'un espace où ce qui est politique prend son sens et son unité.

Citation de « La politique n'est pas l'État », B. Étienne, Une grenade entrouverte, éd. de l'Aube, 1999
Le politique n'est pas seulement ce qui a trait à l'État, ou la politique ce qui a trait aux luttes pour obtenir ou garder le contrôle sur ce dernier. C'est l'ensemble des rapports d'influence interindividuelle, micropolitique dirait Michel Foucault, qui se solidifie en couches institutionnelles de plus en plus larges, jusqu'à l'État lui-même, et plus récemment dans des organisation continentales, intercontinentales et internationales. Mais l'État n'est ni le commencement, ni la fin du politique. Des rapports de pouvoir dans la vie de couple sont politique, l'intimité est politique [...].

Citation de « Une science humaine en quête de légitimité scientifique », C. Debbasch et J.-M. Pontier, Introduction à la politique, Dalloz, 1995
Les citoyens se montrent toujours quelque peu méfiant à l'égard du pouvoir politique, qu'il s'agisse des déclarations du gouvernement ou des discours de ceux qui cherchent à conquérir le pouvoir parce qu'ils ressentent, plus ou moins nettement, un décalage entre le discours politique et la réalité vécue : tout ne se passe pas si bien que ce que les gouvernants veulent le laisser, certaines informations ne sont pas données ou même manipulées [...]. D'où l'intérêt d'analyser ces discours et cette réalité [...].

L'analyse politique part du présupposé que le phénomène politique peut être l'objet d'une connaissance suffisante et que de l'observation des faits, de la réalité, on pourra tirer un certain nombre de lois sociologiques. La « science politique » d'aujourd'hui n'est donc que l'héritière d'une longue série de sciences humaines, la naissance de la science politique a été accompagnée d'un certain nombre de difficultés dont les plus importantes sont d'ordre méthodologique.

Citation de « Le fait scientifique est à conquérir », M. Hastings, Aborder la science politique, Seuil, 1996
Aucun fait politique ne se laisse saisir de manière spontanée. La connaissance du politique exige de se prémunir contre l'illusion d'un savoir immédiat et les fausses évidences, en rompant avec les opinions communes. Comme le disait Gaston Bachelard, « le fait scientifique est à conquérir ». Le sens commun tend à présenter les fait politiques comme des phénomènes naturels, échappant ainsi à toute interrogation sur leur genèse et leur construction. Le « cela va de soi » suppose à tort l'existence d'un univers politique antérieur à la constitution de la société.

Le sociologue du politique est aussi un citoyen avec ses valeurs et ses idéaux, un membre de la communauté nationale dont il partage la culture. Il est difficile, dans ce conditions de mener une analyse objective, entièrement neutre de la politique. On appelle ethnocentrisme la tendance à tout juger par rapport aux normes du groupe social auquel on appartient. La science politique n'est pas à l'abri de tels préjugés idéologiques qui auront pour effet de privilégier le point de vue subjectif du chercheur.

[modifier (go to modifier-288-section-5.cours)]Synthèse

Le politique renvoie à la notion de pouvoir politique ; c'est d'une part l'étude du pouvoir politique qui est chargé de définir et d'imposer des décisions collectives pour réaliser l'ordre social, et d'autre part le conflit incessant pour le pouvoir qui peut aller jusqu'à la guerre...

La Science Politique est une science, à l'instar de l'Économie. Elle fait partie des sciences humaines, mais, comme elles, elle ne peut prétendre construire des lois générales.

[modifier (go to modifier-288-section-6.cours)]Ce qu'il faut retenir

[modifier (go to modifier-288-section-7.cours)]Le/la politique

  • Le terme « politique » a plusieurs sens : il est polysémique (mot « caméléon »).
  • [Textes de P. Braud et N. Tenzer] Le vocable politique au masculin désigne l'art du commandement social, l'activité qui consiste à concilier les intérêts divergents, antagonistes, pour atteindre le bien commun ; et qu'au féminin, la politique désigne la compétition des groupes sociaux pour la conquête et l'exercice du pouvoir, dans laquelle s'affrontent les politiciens.
  • [Textes de P. Braud et B. Étienne] Le politique intègre la politique, et qu'il traverse de part en part notre société : « tout est politique », autant l'élection d'un chef d'État que l'éducation des enfants ou les rapports sociaux à l'intérieur d'une entreprise, etc...
  • [Texte de B. Étienne] Le ou la politique a pour objet d'étude le pouvoir, et bien sûr le premier d'entre eux : le pouvoir politique.

[modifier (go to modifier-288-section-8.cours)]La science politique

  • [Textes de P. Bénéton, de J.-M. Denquin, de C.Debbash, et M. Hastings] Le politique est une science, c'est-à-dire qu'elle exige distance, observation, neutralité, ainsi qu'une méthode rigoureuse afin de dégager des régularités. C'est le travail du politologue.
  • [Textes de P. Bénéton, de J.-M. Denquin, de C.Debbash, et M. Hastings] C'est une science « humaine » parce que le chercheur ne peut dégager des lois universelles, valables en tous temps et tous lieux, qu'il lui est difficile de rester neutre face à des sujets aussi brûlants que le génocide. C'est pourquoi les politologues ne sont pas toujours d'accords entre eux.

Notes

[1 (go to #rev-wiki-footnote-1" id="wiki-footnote-1)] Nous verrons dans le cours sur la légitimité ce qu'est la "coercition légitime".

[2 (go to #rev-wiki-footnote-2" id="wiki-footnote-2)] C'est-à-dire obtenue par l'expérimentation.

[3 (go to #rev-wiki-footnote-3" id="wiki-footnote-3)] C'est-à-dire que politique est ici un nom, et non un adjectif

Dernière mise à jour: le 01.09.2007 à 14:11
Licence: Libre de partager, modifier - Devoir de citer la source - Pas d'utilisation commerciale
Daskoo.org, partage de cours