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Sommaire
1 Raisonnement par récurrence
1.1 Principe (récurrence faible)
1.2 Principe (récurrence forte)
2 Quelques exemples et applications du raisonnement par récurrence
Chaque fois qu'on voudra démontrer une infinité de propriétés , où
, il y a de grandes chances que le principe de récurrence se montre éminemment utile.
Nous ne le démontrerons pas intégralement, mais montrerons simplement qu'il est extrêmement intuitif et facile à appliquer.
[modifier (
modifier-404-section-1.cours)]Raisonnement par récurrence
[modifier (
modifier-404-section-2.cours)]Principe (récurrence faible)
Si est vraie, et si, pour tout
, on a
, alors
est vraie pour tout
.
Il est assez facile de voir (ou d' admettre) que, puisque l'implication ("sous-entendu vraie") est établie pour tout
,
va entraîner
qui va entraîner
, etc., sans fin.
[modifier (
modifier-404-section-3.cours)]Principe (récurrence forte)
Si est vraie, et si, pour tout
, on a
, alors
est vraie pour tout
.
Il est facile d'admettre également ce principe, qui est une conséquence du premier. En effet, si le principe de récurrence faible est vrai, alors
dès que est vraie, on peut en déduire que
est vraie, et de
vraies, on peut en déduire
, etc.
Nous ne nous étendrons pas dans une démonstration complète et technique de ces principes.
[modifier (
modifier-404-section-4.cours)]Quelques exemples et applications du raisonnement par récurrence
1.Etablissement de quelques formules sommatoires.
Montrons que pour la somme des
premiers entiers positifs est
(1)
(on aurait pu le faire facilement par une autre méthode, mais établissons-la à titre d'exercice)
1) Partons de n = 2 :
est exacte.
2) Montrons que si (1) est vraie (c'est-à-dire si est vraie), alors la même formule, avec
à la place de
, est vraie, (c'est-à-dire si
est vraie), à savoir :
(à prouver, donc)
On peut ajouter aux deux membres de (1), qui est supposée vraie ; on obtient :
C'est prouvé !
Autre exemple : montrons que (2)
Puisque l'on parle de somme, commençons par la somme de deux termes : vérifions
soit
ce qui est exact.
Montrons que (2), que nous appellerons implique
que nous appellerons .
Supposons donc (2) vraie, et ajoutons
aux deux membres :
On obtient
En effet, s'annule pour
, donc se factorise par
.
On trouve aisément
et finalement
ce qui achève la démonstration.
2. Un principe très utile
Prouvons l'important résultat, vrai pour tout et tout
:
(3)
Nous faisons un raisonnement par récurrence surtout à titre d'exercice ; on aurait pu écrire à la place : )
Vérifions pour :
: c'est vrai, car
.
Prouvons à présent que (3) implique
En effet, si (3) est vraie, multiplions les deux membres de l'inégalité par le nombre positif ; on trouve
, soit
(car ). La preuve est faite.
Ce principe nous permet de prouver qu'une suite géométrique de raison , avec
, diverge vers l'infini, et qu'une suite géométrique de raison
telle que
converge vers 0 :
En effet, si , posons
.
Le terme général de la suite a pour valeur absolue :
et cette quantité peut être aussi grande qu'on le veut, comme , si l'on a
Il est facile d'imposer une contrainte encore plus forte : , car alors
Cette inégalité est vérifiée dès que l'on a , soit
Dire que peut prendre des valeurs aussi grandes qu'on veut si
est suffisamment grand signifie simplement que
(La suite diverge à l'infini).
Si par contre on a , on peut dire que
et l'on pourra encore poser
On montre de la même manière que plus haut que prend des valeurs aussi grandes qu'on veut pourvu que
soit assez grand, ce qui veut dire que
c'est-à-dire
.
En résumé, si , une suite géométrique de raison
diverge vers l'infini ;
si , elle converge vers 0.
3. Facile à prouver et extrêmement utile : la formule de De Moivre
Elle s'énonce
(4)
(avec (nous étendrons ceci aisément à
))
(Pour les amateurs qui n'ont pas encore été initiés à la trigonométrie de [Bacc-1], nous utiliserons les formules (pas difficiles à prouver, du reste) :
et pour ceux, celles qui attendent (même un jour lointain !) de faire le programme de Terminale sur les nombres complexes, disons qu'il n'y a qu'une toute petite chose à savoir, c'est que l'"unité imaginaire" i est un "nombre" dont le carré vaut -1 :
et rien d'autre)
Vérifions que la formule est vraie pour :
ce qui est vrai... Bon, nous avons admis que la puissance zéro d'un nombre complexe valait 1...
Pour les sceptiques, recommençons pour (puisque la formule de De Moivre est destinée à se rendre utile pour n=2,3,4...) :
: il n'y a pas plus vrai !
Supposons (4) vraie, c'est-à-dire supposons vraie.
Multiplions les deux membres de l'égalité par :
(voir formules données plus haut !)
On reconnaît :
ce qui démontre la formule.
4. Formule du binôme de Newton
Enonçons-la : pour
(5)
avec
. Les
sont appelés coefficients binômiaux. On les note aussi
Vérifions pour :
: c'est vrai car
Supposons (5) vraie, c'est-à-dire vraie. Montrons qu'alors
est vraie aussi, en multipliant les deux membres de (5) par
:
Remarquons deux choses :
Pour tout ,
On a donc
D'autre part,
On peut maintenant réécrire plus simplement
La formule est ainsi démontrée.
Formule du multinôme de Newton
Enoncé : pour avec
(6)
Nous allons raisonner par récurrence sur .
Pour , on retrouve la formule du binôme de Newton, quelle que soit la valeur de
, car
si
La formule est donc vraie pour .
Supposons qu'elle soit vraie pour donné, et avec un exposant
arbitraire.
Alors
(on a juste développé une somme de deux termes : élevée à la puissance
)
D'après l'hypothèse, on peut écrire
On peut écrire ceci plus simplement :
ce qui prouve la formule.