Dernière version du 11.02.2009 21h47
Sommaire
1 Introduction
2 Intégrale d'une fonction continue
2.1 Intégrale d'une fonction positive et aire d'une surface
2.2 Intégrale d'une fonction de signe quelconque
3 Primitives de fonctions usuelles
4 Propriétés de l'intégrale
4.1 Positivité
4.2 Principe de comparaison des intégrales
4.2.1 Conséquence importante
4.3 Relation de Chasles pour l'intégrale
4.3.1 Conséquence
4.4 Linéarité de l'intégrale
4.5 Inégalités de la moyenne
4.5.1 Moyenne d'une fonction sur un intervalle
4.5.2 Inégalités de la moyenne
5 Quelques techniques de calcul
5.1 Intégration par parties
5.2 Intégration dans les cas où l'on peut deviner la ''forme'' d'une primitive
5.3 Changement de variable
5.4 Passage au domaine complexe
Ce cours ne diffère pas vraiment d'un cours "conforme" aux programmes officiels français actuels de Terminale S.
Il contient juste quelques compléments pour ne pas être simplement un parachutage de notions sans raisonnement réel. Même en sautant ces brèves parties complémentaires, il reste facile à suivre.
Je vous conseille néanmoins, pour avoir l' intelligence de la chose en même temps que le bête conditionnement à faire des exercices et pour obtenir des points au Baccalauréat (points qui ne prouvent en fait aucune intelligence ou compréhension réelle du concept, de sa place dans la science), de suivre ce cours sans rien négliger les détails et compléments qui vous éclaireront.
[modifier (
modifier-407-section-1.cours)]Introduction
Un exemple
Considérons la courbe représentative de la fonction positive .
Considérons la portion de plan comprise entre la courbe , l'axe
, les droites d'équations
et
: c'est clairement une surface.
Nous admettrons que cette surface a une aire, que nous appellerons (en couleur sur la figure ci-dessous).

Il est clair que la portion du plan comprise entre , les droites d'équations
a l'aire
L'aire (petite bande colorée à droite de la première surface, d'aire
), est encadrée par les aires d'un "petit" rectangle de largeur
et de hauteur
, et d'un "grand" rectangle de largeur
et de hauteur
:
, soit
Lorsque tend vers 0, le majorant tend vers
, ce qui implique
Mais ceci a une signification bien précise : c'est que la fonction est dérivable au point
, de dérivée
.
On dira que est une primitive de
.
Il est facile de deviner que .
Pour déterminer la constante, notons que
, soit
ou
Si l'on pose
alors
et en effet, on a par exemple
(Les savants de l'Antiquité auraient vérifié ceci en pesant avec précision une plaque reproduisant cette surface... mais nous, nous avons Xcas-GIAC ! (voir plus loin))
Qu'avons-nous découvert ?
Nous venons de voir que pour calculer une aire entre la courbe d'équation et l'axe
et comprise dans la région
, il suffit de connaître une primitive
de
, et cette aire s'écrit
Notation
Nous noterons désormais
(lire : intégrale de
de x = a à x = b)
Nous noterons aussi, pour plus de commodité :
, où
est une primitive de
.
Lors d'un calcul d'intégrale, on écrira successivement dans cet ordre :
[modifier (
modifier-407-section-2.cours)]Intégrale d'une fonction continue
[modifier (
modifier-407-section-3.cours)]Intégrale d'une fonction positive et aire d'une surface
Au lieu de la fonction prise en exemple, n'importe quelle fonction continue ferait l'affaire :
Soit une fonction positive continue sur un intervalle contenant
.
Définissons comme l'aire de la portion de plan limitée par
- la courbe
- l'axe
- les droites d'équations
et
En particulier, est continue au point
, ce qui veut dire
ou, ce qui revient au même
Ceci signifie très exactement que est aussi proche de
qu'on veut, pourvu que
soit assez petit (dans le sens de "assez proche de 0"))
On pourra écrire : aussi petit que soit le nombre positif ,
si
est suffisamment petit.
Attention, cela veut dire que pour tout l'intervalle , la fonction
ne sort pas de l'intervalle de valeurs
On rappelle que
Prenons donc assez petit pour réaliser cette inégalité, et alors
soit
En faisant tendre vers 0, donc également
, on obtient
Autrement dit, est dérivable, c'est une primitive de
On trouve de même, pour primitive quelconque de
:
ce qui veut dire
On retiendra :
Pour toute fonction positive et continue sur ,
, l'aire comprise entre
les droites d'équations
est
Exemples
La courbe d'équation représente une fonction positive sur
.
L'aire comprise entre cette courbe et l'axe des abscisses (et, mais comme la fonction s'annule aux extrémités de l'intervalle, c'est inutile de les mentionner : les droites d'équations ) est

[modifier (
modifier-407-section-4.cours)]Intégrale d'une fonction de signe quelconque
On définira, pour une fonction continue pas forcément positive sur , son intégrale de la même façon :
[modifier (
modifier-407-section-5.cours)]Primitives de fonctions usuelles
Ces résultats sont évidents à vérifier, par simple dérivation.
Quelques preuves :
1) Si ,
, et donc
et si ,
, et
2) On sait que , donc
3) On rappelle que
4) ; or
5)
Idem pour .
6) Pour les primitives de , voir plus loin "Intégration par parties".
Remarque
Pour les fonctions telles que , elles se ramènent toutes à
, et leurs primitives sont toutes de forme
Rappelons les résultats analogues pour les fonctions composées :
[modifier (
modifier-407-section-6.cours)]Propriétés de l'intégrale
[modifier (
modifier-407-section-7.cours)]Positivité
Soit une fonction positive (ou nulle) sur
(sous-entendu :
). Alors
Preuve
L'intégrale vaut . Or
, donc
, et
, d'où l'intégrale
est positive.
[modifier (
modifier-407-section-8.cours)]Principe de comparaison des intégrales
Soient deux fonctions telles que
sur
. Alors
Preuve
La fonction est positive, d'où son intégrale est positive. Or on vérifie aisément que
[modifier (
modifier-407-section-9.cours)]Conséquence importante
Quelle que soit la fonction , on a : (s'assurer que
)
"La valeur absolue de l'intégrale est inférieure ou égale à l'intégrale de la valeur absolue de la fonction""
Preuve
On a toujours
et
Ces deux inégalités peuvent s'écrire
Le principe de comparaison des intégrales nous donnent (avec ) :
Rappelons l'équivalence très importante, qu'il faut absolument savoir et avoir assimilé totalement :
Cela donne clairement ici
[modifier (
modifier-407-section-12.cours)]Linéarité de l'intégrale
La linéarité de l'intégrale consiste en les deux égalités :
1)
2)
Elles peuvent se condenser de façon évidente en une seule :
Preuves
1)
2)
[modifier (
modifier-407-section-13.cours)]Inégalités de la moyenne
[modifier (
modifier-407-section-14.cours)]Moyenne d'une fonction sur un intervalle
Soit une fonction définie et continue sur
.
On appelle moyenne de cette fonction sur cet intervalle le nombre
qu'on écrit plus raisonnablement (!)
Exemples
1) La moyenne de la fonction constante sur
est
2) La moyenne de la fonction affine sur l'intervalle
, où elle croît de
à
est
On s'attendait bien à cette valeur.
3) La moyenne de la fonction sinus sur une période, soit sur , est
En effet la fonction sinus oscille autour de 0 de façon que sa moyenne soit nulle.
4) Un résultat très important pour les électriciens, électroniciens : la moyenne de la fonction (qui est périodique de période
)
[modifier (
modifier-407-section-15.cours)]Inégalités de la moyenne
Si est encadrée par
sur l'intervalle
(c'est-à-dire si
) alors
En remarquant la définition de la moyenne, ces inégalités équivalent simplement à
ce qui est intuitivement évident, la moyenne d'une fonction étant comprise entre un minorant et un majorant de ladite fonction.
Preuve
1) Considérons la fonction .
Elle est positive sur et donc
On fait de même avec la fonction positive .
2) En divisant chaque membre par , on obtient
[modifier (
modifier-407-section-16.cours)]Quelques techniques de calcul
[modifier (
modifier-407-section-17.cours)]Intégration par parties
On sait que .
Ceci peut s'écrire , et si l'on intègre (calcule une intégrale) l(d)es deux membres :
Cette formule s'appelle formule de l'intégration par parties.
Elle peut faciliter considérablement le calcul de nombreuses intégrales.
Exemples
1) Comment intégrer la fonction logarithme népérien ?
Par une très simple astuce :
En choisissant d'écrire
l'intégrale à calculer, et en posant
On trouve aisément
On retiendra :
Primitive de :
2) Calculer
Il est clair que, si les primitives d'une fonction exponentielles sont à un facteur constant près la même fonction, on peut abaisser le degré du polynôme en le dérivant.
On posera donc .
L'intégration par parties donne
3) Pour les calculs du genre
, il faudrait 2 intégrations par parties successives, pour réduire le trinôme à
puis à
. Cette méthode est trop fastidieuse, même si elle est faisable. Ce sera encore plus le cas si le trinôme devenait un polynôme de degré supérieur à 2 !
On peut calculer
, on aurait à faire deux intégrations par parties successives bien choisies, mais cela reste fastidieux.
Pour ce genre de calcul, nous proposons à présent une autre méthode.
[modifier (
modifier-407-section-18.cours)]Intégration dans les cas où l'on peut deviner la forme d'une primitive
Reprenons les exemples 3) et 4) précédents.
1) Voyons l'intégrale
Il est clair que
Il est donc évident que la primitive cherchée est de forme
Sa dérivée est
Identifions cette dernière avec la fonction à intégrer :
d'où
Ainsi,
2) Et à présent,
On peut deviner sans trop de difficulté qu'une primitive cherchée est de forme
En effet,
Il ne reste plus qu'à identifier cette dérivée avec notre fonction à intégrer, ce qui donne :
d'où
Autrement dit
[modifier (
modifier-407-section-19.cours)]Changement de variable
Nous allons juste faire une expérience, une découverte (ce n'est pas du raisonnement mathématique, mais de l'heuristique).
L'idée est que la dérivée d'une fonction en un point est la limite du rapport avec
.
Symboliquement, on écrit , ce qui a une certaine signification exacte (rapport de différentielles), mais que nous considérons provisoirement (et sans rigueur absolue) comme un rapport d'infiniment petits.
Ce qui nous permet d'écrire (au moins formellement) .
Si , alors on peut écrire
et l'intégrale
pourra s'écrire
, sous quelques conditions de cohérence, avec
(puisque
)
Exemples
1) Calculons
Pour ce faire, posons ; alors
On sait que lorsque varie de -1 à 1,
varie de
à
.
Alors
Or pour
d'où
(on vient de calculer l'aire d'un demi-disque de rayon unité, puisque est l'équation du demi-cercle de centre O, de rayon 1 et situé dans le demi-plan
! Ce qui revient à démontrer que l'aire d'un disque de rayon
est
)
[modifier (
modifier-407-section-20.cours)]Passage au domaine complexe
L'intégration d'une fonction de variable complexe est un problème totalement nouveau et dépassant de très loin le niveau du présent exposé. Mais l'on peut envisager sans aucun problème une fonction complexe de variable réelle :
. Cela revient à envisager séparément deux fonctions réelles de variable réelle,
, parties réelle et imaginaire d'une telle fonction complexe.
Donnons juste un exemple.
On veut calculer
Or
On peut démontrer (mais nous nous contenterons de constater que "ça marche" !) que l'on peut intégrer formellement cette exponentielle :
On trouve assez aisément la partie imaginaire :