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Sommaire
1 Bijections
2 Bijections réciproques
3 Quelques bijections réciproques utiles
3.1 Arctan
3.2 Arcsin
3.3 Arccos
3.4 Argument sinus hyperbolique
3.5 Argument cosinus hyperbolique
3.6 Argument tangente hyperbolique
4 Bijections réciproques et dérivées
4.1 Dérivées des bijections réciproques définies plus haut
4.1.1 Arcsin
4.1.2 Arccos
4.1.3 Arctan
4.1.4 Argsh
4.1.5 Argch
4.1.6 Argth
4.2 Application au calcul intégral
[modifier (
modifier-550-section-1.cours)]Bijections
1. Rappelons qu'une fonction est un être mathématique qui fait correspondre à certains éléments
, un et un seul élément
, noté aussi
(image de
).
Le domaine de définition de est l'ensemble des
qui ont une image :
( se lit "il existe" ou "il existe au moins un...")
2. Une application est un être mathématique qui fait correspondre à tous les éléments
un et un seul élément
, noté aussi
(image de
).
Une application est simplement une fonction dont le domaine de définition remplit tout l'ensemble de départ :
.
3. Une application est dite bijective, ou est appelée bijection de A sur B, si tout élément
a un et un seul antécédent
Exemples et contre-exemples
1) est une fonction, mais pas une application : en effet, -3 n'a pas d'image.
2) est une application, puisque tout élément de l'ensemble de départ a une image (et une seule) ; mais ce n'est pas une bijection, car dans l'ensemble d'arrivée
, -1 n'a pas d'antécédent.
3) est une bijection : tout élément
de l'ensemble de départ a une image
, et tout élément
de l'ensemble d'arrivée a un et un seul antécédent
, puisque
(les deux ensembles de départ et d'arrivée étant
)
4) est une bijection. Voir :

Cette fonction est strictement croissante sur son domaine de définition. On a
,
on en déduit
, puisque l'on ne peut avoir
Tout élément de a (par construction) un antécédent dans
;
Cet antécédent est unique, car s'il y en avait deux distincts, , alors
, ce qui serait en contradiction avec
.
[modifier (
modifier-550-section-2.cours)]Bijections réciproques
Si l'on considère une bijection , alors tout élément
a un et un seul antécédent
.
On a ainsi mis en évidence l'existence d'une application que nous appellerons , de
vers
, définie par
Cette application est aussi une bijection, puisque
fait correspondre à tout
un et un seul élément
, ce qui veut dire que
fait correspondre à tout élément
(ensemble d'arrivée de
) un et un seul antécédent
.
On appellera donc la bijection réciproque de
.
Exemples
1) admet pour réciproque
; en effet, pour
, on a
ce qui se traduit par
2) admet pour réciproque
(fonction exponentielle) ; en effet
3) est une bijection (preuve : exercice).
La bijection réciproque est la fonction
définie par
Propriété des courbes représentatives de et
Il est clair que si par
, alors
par
.
On a donc le point de coordonnées dans
, et le point de coordonnées
dans
.
Montrons que les points sont symétriques par rapport à la droite
d'équation
(en repère orthonormal) :
(1) Le milieu de
a pour coordonnées
; il appartient donc à
.
(2) la droite est orthogonale à
, puisque son coefficient directeur est
et le coefficient directeur de
est 1. Le produit des deux coefficients directeurs est donc -1.
Nous pouvons maintenant énoncer :
Les courbes représentatives de et de
sont symétriques par rapport à la droite
.
Exemples
1. Carré et racines carrées () :

(on a aussi représenté la droite pour mettre en évidence la symétrie)
2. Logarithme et exponentielle :

3. Tangente restreinte à et Arc tangente :

[modifier (
modifier-550-section-3.cours)]Quelques bijections réciproques utiles
[modifier (
modifier-550-section-4.cours)]Arctan
Nous venons de la voir comme exemple.
[modifier (
modifier-550-section-5.cours)]Arcsin
Idem
[modifier (
modifier-550-section-6.cours)]Arccos
La fonction est une bijection.
Elle est strictement décroissante.
Sa réciproque est appelée
Pour tout , est défini
.
Courbes de c et de Arccos :

[modifier (
modifier-550-section-7.cours)]Argument sinus hyperbolique
La fonction sinus hyperbolique :
de dérivée est strictement croissante, c'est une bijection de
sur
.
Sa réciproque est
(Pour les Anglo-Saxons, cette fonction est notée arcsinh)
Ce n'est pas souvent le cas, mais dans celui-ci, on peut écrire explicitement la fonction Argsh :
Ceci n'est autre qu'une équation du second degré d'inconnue .
Le discriminant est , et alors, a priori, il y a deux solutions :
soit
L'autre solution serait
, mais elle est impossible, car
; autrement dit,
est toujours strictement négatif. Or
.
Donc il ne reste qu'une solution, la bonne :
Courbes des bijections et
:

[modifier (
modifier-550-section-8.cours)]Argument cosinus hyperbolique
La fonction cosinus hyperbolique (ch) n'est pas en soi bijective. Mais elle peut être restreinte, et constitue une bijection de dans
; la réciproque de cette bijection et appelée Argument cosinus hyperbolique, notée
(pour les Anglo-Saxons, arccosh) :

Ici encore, nous pouvons exprimer (exceptionnellement) explicitement la fonction Argch :
On a encore une équation du second degré en , de discriminant
A priori, on a encore deux solutions :
et
et ici, aucun argument de signe ne nous permet de départager entre les signes (+) et (-).
Regardons néanmoins la limite à l'infini, puisque lorsque , on a
:
Cela donnerait , ce qui est tout-à-fait faux (on doit avoir
)
On en déduit la seule solution correcte, et l'expression explicite :
[modifier (
modifier-550-section-9.cours)]Argument tangente hyperbolique
La fonction tangente hyperbolique, de manière tout-à-fait analogue de la fonction tangente en trigonométrie courante, se définit par
(pour les Anglo-Saxons, elle s'écrit tanh)
Cette fonction est une bijection croissante, on peut le voir en écrivant
(car
est strictement décroissante)
Comme , on voit que
est une bijection de
sur
Puisque est une bijection croissante, elle admet une bijection réciproque croissante, que nous nommerons Argth (argument tangente hyperbolique).
Elle aussi, exceptionnellement, peut être exprimée explicitement :
On a donc
Ce qui donne finalement
Cette fonction est définie pour , soit pour
(signe du trinôme) ; c'est bien une bijection de
dans
; voyons les courbes de th et de Argth :

[modifier (
modifier-550-section-10.cours)]Bijections réciproques et dérivées
Dérivée d'une fonction composée :
Soit (on rappelle que cela signifie que
)
On note ceci parfois en abrégé : (en omettant les "x")
Alors
Preuve :
Or comme est dérivable au point
,
lorsque
.
On peut poser , en se rappelant que
lorsque
.
On peut donc écrire
(par définition de la dérivée d'une fonction en un point)
Bijections réciproques et fonctions composées
Si et
sont deux bijections réciproques l'une de l'autre, alors,
pour tout , en posant
, on peut écrire
Autrement dit,
.
De même, si , avec
, alors
,
Autrement dit,
Or la dérivée de la fonction est
Donc
ou encore
ce qui signifie
Exemples
1. La fonction est la bijection réciproque de la fonction
; sa dérivée pourrait se trouver en écrivant
(formule connue)
(en posant )
2. La fonction est sa propre dérivée. On pourrait en déduire la dérivée de sa bijection réciproque,
:
(en posant )
[modifier (
modifier-550-section-11.cours)]Dérivées des bijections réciproques définies plus haut
[modifier (
modifier-550-section-12.cours)]Arcsin
Appliquons le théorème trouvé il y a peu :
(en effet, dans le domaine considéré ici)
Ce qui nous donne
[modifier (
modifier-550-section-13.cours)]Arccos
De même :
ce qui donne
Remarque importante
Comme leurs dérivées sont opposées l'une de l'autre, on a
ce qui signifie que
En regardant à la valeur , on trouve cette constante, ce qui donne la relation :
[modifier (
modifier-550-section-15.cours)]Argsh
Nous pourrions dériver directement
Mais en utilisant le théorème sur la dérivée d'une bijection réciproque :
Or il est facile de montrer que
, et comme
, on peut écrire
Aussi :
ce qui nous donne
[modifier (
modifier-550-section-16.cours)]Argch
Nous pourrions dériver directement
Pour nous exercer, essayons le théorème de dérivation des bijections réciproques :
Or
Nous savions déjà que est croissante, ce qui veut dire qu'ici,
, aussi nous obtenons
, et finalement
[modifier (
modifier-550-section-17.cours)]Argth
Nous pourrions dériver directement
que nous écrirons astucieusement
D'où
Mais nous pouvons aussi utiliser le théorème des dérivées de bijections réciproques :
Dérivons donc
Donc
Or l'identité
s'écrit aussi, après division des deux membres par
:
soit
, et finalement
[modifier (
modifier-550-section-18.cours)]Application au calcul intégral
On déduit immédiatement de ces résultats :
Par contre, le résultat suivant est trop restrictif :
car cette formule ne "marche" que si
Or en intégrant directement, on trouve mieux :
La valeur absolue nous permet d'intégrer d'un infini à l'autre, en évitant simplement 1 et -1.