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Dernière version du 15.04.2008 16h20
Les Européens du XVIème siècle avait une vision assez étrange du monde : « Un disque de terre entouré d’une mer Océane ténébreuse, gelée au nord, brûlante au sud ». Cette époque ne manquent pas de hardis navigateurs qui sondent l’inconnu. 5 puissance maritimes s’imposent en Méditerranée : Venise, Gênes, Florence, Barcelone et l’Aragon.
Au Portugal, la fièvre de la découverte brûle. Ce pays ne s’intéresse pas à la Méditerranée mais à l’Atlantique. La route vers l’Asie en contournant l’Afrique est le prochain but des Portugais. Mais un homme pensera differemment, il s’appelle Christophe Colomb. Christophe Colomb serait né en 1451, d’après certains de ces écrits. Il aurait été passionné par la navigation dès son adolescence. Il se basera sur des écrits d’Aristote pour dire que l’Océan est franchissable. Colomb veut tenter d’accéder en Inde par l’Ouest, une aventure risquée. Il demandera au roi Jean II une « commission » et des bateaux pour tenter l’aventure. Jean II dira non (malgré son esprit positif) pour 3 raisons : Les échecs précédents L’avancée de la reconnaissance des côtes de l’Afrique où Bartholomeu Dias va bientôt atteindre le cap de Bonne-Espérance (la route sûre vers l’Asie ?) Les exigences de Colomb (des exigences fort étonnantes de la part de quelqu’un qui n’est encore rien (fils de tisserand) mais qui s’expliquent bien par la conviction de l’importance de la découverte).
Colomb renouvellera sa proposition, mais sans succès. Colomb doit trouver des moyens et des hommes pour cette aventure, il va donc envoyer Barthélémy auprès du roi Henri VII (d'Angleterre) qui sera trop pris par la remise en ordre d’un royaume épuisé par la guerre des Deux Roses et qui, donc, ne l’écoutera pas et le regrettera fortement par la suite. Il lui fallait un roi. Une commission dit « Il était possible que ce que disait L’Amiral fût vrai ».
Talavera, sachant que les souverains soutenaient Colomb, écrit une lettre à la reine en juin 1492 où il dit « Dépasser les limites fixées par Dieu au monde était pêcher et perdre son âme pour l’éternité. Cela ouvrirait un temps de terrible calamité.» Il concluera en proposant que Colomb soit confié à l’Inquisition. Colomb convainc un à un quelques puissants personnages. Mais cela ne lui suffit pas, les échecs de ses demandes l’exaspèrent. En 1491, il consulte des lettrés et des théologiens qui lui donnent encore une réponse négative. Il ne lui reste plus qu’un espoir : la France (Charles VIII). C’est alors que tout bascule. Santangel soutient Colomb. La guerre de reconquête a laissé le trésor vide mais le sien ne l’est pas. Il propose d’avancer les fonds nécessaires, sur garantie royale. Le risque est mince et le profit possible est immense. Les exigences exorbitantes de Colomb ? Elles sont sans importance si ce dernier ne revient pas. Et si ce qu’il prétend se révèle vrai, ce ne sera pas trop cher payé. La reine et le roi disent « oui ». On envoie alors un courrier rattraper Colomb, désespéré. Son acharnement a porté ses fruits, quelqu’un l’a finalement cru.
L’investissement pour une si grande aventure est minime. Il faut deux millions de maravédis. Santangel trouvera l’essentiel et Colomb en avancera deux cent cinquante mille, prêté par le duc de Medinaceli ou par un banquier Florentin. Quant à la reine, elle attribue à l’entreprise l’amende du service de douze mois pour deux bateaux à laquelle est condamnée la ville de Palos pour des méfaits mal définis, plus une suspension des peines pour les condamnés qui voudront bien prendre le risque de s’embarquer avec Colomb. Colomb a su convaincre plusieurs personnes de partir avec lui grâce aux promesses d’or sur les terres lointaines. Le 17 avril, Juan de Coloma (secrétaire du Roi), accepte toutes les exigences de Colomb : Anoblissement (avec éperons d’or) Titre d’Amiral de la mer Océane Titre de gouverneur et de vice-roi des îles et terres fermes à découvrir (tout cela à titre héréditaire) Des droits commerciaux énormes : 10 % de tout produit qui proviendra des terres découvertes Participation dans le commerce au niveau du huitième de l’investissement et des bénéfices Droit de justice en cas de litiges
Mais les rois rendent ces titres conditionnels : Colomb doit réussir. Il faudra quatre mois pour préparer le départ. Ils lèveront l’ancre le 3 août 1492 (date du dernier jour fixé pour la sortie des juifs du double royaume). La flotte emmènera nonante hommes de mer, des fidèles de Colomb ainsi que des juifs quittant leur patrie vers la « Terre Promise ». A peine sortis du port, plusieurs marins sabotent le gouvernail de la Pinta. Ils resteront alors bloqués aux Canaries jusqu’au 6 septembre pour cette raison et pour changer les voiles latines de la Nina en voiles carrées, meilleures pour la pleine mer. Dés que la dernière terre connue est perdue de vue, les marins commencent à soupirer et à pleurer. Mais l’Amiral sait y faire, il les reconforte avec des promesses de terres et de richesses. En même temps, il les trompe en diminuant les distances réellement parcourues pour ne pas les effrayer. Colomb interprétera tout à son avantage : les oiseaux qui volent vers le couchant, signe qu’ils vont dormir en terre proche ; l’apparition de vents contraires, signe qu’on pourra revenir. Les jours passent et toujours pas de terres en vue. Les beaux discours ne valent plus rien. Le 24 septembre, les marins en ont assez. Ils grognent, s’agitent, exigent le retour. Tout s’apaisera le 25 lorsque que Pinzon a eu l’illusion de voir une terre au sud-ouest. Le 11 octobre, l’équipage voit flotter des roseaux et des rameaux chargés de fruits. C’est le marin Rodrigo de Triana qui verra le premier la terre. A deux heures du matin, le 12, la terre est devant eux. Ils ont réussi, en trente-six jours. Ils ont touché une petite île de Lucayes, dans l’archipel des Bahamas. Ils rencontrent des indigènes, les Taïnos (du groupe des Arawaks). Ils accueillent bien ces hommes étranges qui leur semblent venir du ciel. Les colonisateurs sont étonnés de leur type : têtes larges, cheveux noirs et drus comme du crin, nus, peints en brun, blanc ou rouge, mal armés, voguant dans des pirogues qu’ils appellent « canoa » (nom qui donnera nos canots et canoés), et certains (ce qui intéresse d’avantage les arrivants) ont des petits morceaux d’or dans le nez. Colomb pense tout de suite à la facilité d’évangélisation et de leur mise en servage en voyant leur caractère pacifique. C’est de force que Colomb, le 15 octobre, emmènera 7 indiens comme guides. Colomb cherche un roi local et surtout, des mines d’or (métal trouvés dans les cours d’eau, d’après les indigènes). Noël est là, on le fête et la nef amirale dérive et s’échoue sur un récif qui l’éventre. Rien ne peut la sauver. Ils n’ont plus que la Nina.
Il faut songer à rentrer. Le voyage vers l’est commence le 4 janvier. Le 27, il est écarté de sa route par des vents contraires. Le 3 mars, un tourbillon lui arrache toutes ses voiles. Il mettra un papier dans un tonneau à la mer pour que sa découverte ne sois pas perdue si il venait à couler. Le 4, il est obligé d’entrer dans le port de Lisbonne, le lieu où il souhaiterait le moins rejoindre l’Europe. A son retour, Christophe Colomb a ramené la syphilis. Cette maladie contre laquelle les Indiens semblent avoir été en partie immunisés mais qui va être le grand fléau du Vieux Monde. Les Européens ont apporté eux aussi des microbes là-bas. Notamment la variole qui décima les indigènes par milliers.
La nouvelle de son succès fait le tour de l’Europe. La gloire est immédiate. Colomb organisera un défilé triomphal dès son retour. Il parade dans les rues avec dix Indiens emplumés, des perroquets, des objets les plus étonnants (comme des masques ornés de pierres précieuses et d’or) et des produits des îles. Colomb écrit de suite aux Rois pour lui annoncer son succès. C’est à l’Espagne qu’appartiennent les terres découvertes.
Le deuxième départ, à l’inverse du premier, se fera dans la précipitation et à grand frais. La flotte espagnole prit tout de même cinq mois à se préparer. La flotte constituait dix-sept navires portant douze cents hommes et emmenant des approvisionnements, des chevaux et des animaux domestiques. Elle mit voile depuis Cadix, le 25 septembre 1493. A leur arrivée (le 3 novembre), les colons restés sur place se sont battus entre eux. Le fort installé a brûlé. Colomb partira à la découverte d’autres terres, il décidera que Cuba n’est qu’une péninsule du continent asiatique. Il est persuadé qu’il a atteint une extrémité de la Chine. Tout va mal dans la colonie qu’il a mis en place. Les Indiens se révoltent à cause de la prise de leurs femmes et la fièvre de l’or des espagnols. Les Indiens sont mis en servage. C’est là que commence un vrai chaos colonial et dont on n’est pas près de voir la fin. Les Espagnols feront des Indiens des prisonniers par centaines et les enverront en esclavage. Ceux-ci les font travailler à leur place mais peu d’or est recueilli. Les Indiens meurent de misère, de maladie européenne, de désespoir, de la répression, … En deux ans, la population indigène de l’île diminue de deux tiers. Les souverains refusent les esclaves s'ils ne sont pas des prisonniers de guerres (ce que ne sont pas les Taïnos). Colomb se rend compte du gâchis, il décide de retourner en Espagne.
Il faut maintenant prouver que la terre ferme inconnue est tout près des îles. C’est le but du troisième voyage de Colomb. Il devra attendre deux ans pour qu’une flotte de six caravelles soit prête. Il n’y a pas de quoi payer le chargement de ses bateaux malgré le montant de la vente des esclaves et les caisses espagnoles sont vides. Beaucoup de monde pense que l’Asie n’est pas si proche et qu’il n’a trouvé que des îles. Il partira le 30 mai 1498. Le voyage dura dix-sept jours. Colomb a compris qu’il avait enfin découvert un continent inconnu, se trouvant par rapport à l’Asie comme l’Afrique par rapport à l’Europe. Le nom du continent découvert viendra non pas de Colomb mais de Amerigo Vespucci.
Une énorme guerre coloniale éclate sur l’île espagnole. La situation est mauvaise, Colomb aggrave son cas auprès des Rois Catholiques en remplacant l’or (toujours rare) par des cargaisons d’esclaves. En octobre 1500 (8 ans après sa découverte), Colomb et ses frères seront faits prisonniers par Bobadilla (un grand seigneur et vieux serviteur des Rois qui est envoyé pour remettre de l’ordre). Les Rois Catholiques sont informés et scandalisés du comportement de Bobadilla. Ils seront délivrés. Colomb est privé de voyage. Puisqu’il est interdit d’Indes, il s’occupera d’une autre tâche : la reconquête de Jérusalem (il écrit d’ailleurs le 26 décembre 1492 que l’or trouvé dans le Nouveau Monde servira a préparer la conquête de la Sainte Maison (Jérusalem)).
Il obtient finalement une permission pour un quatrième voyage, mais de découverte seulement. Il n’aura pas le droit de débarquer sur l’île espagnole. Vasco de Gama vient d’arriver aux Indes par le tour de l’Afrique, il est temps d’aller chercher le chemin vers l’Ouest. La route vers l’Asie par l’ouest va mettre 20 ans à s’avérer fermée. La découverte du Nouveau Monde fait d’abord apparaître plus de problèmes que de profits. De plus, Lisbonne gagne la course de l’accès aux Indes.
Sa nouvelle découverte n’intéresse plus personne. Et puis, qu’a-t-il découvert ? Des terres inhospitalières et des promesses d’or devenues mythiques. Il n’a pas trouvé le passage vers l’Asie. Colomb meurt à l’âge de 55 ans.
Colomb a cru bien faire en ayant découvert cette nouvelle terre. Mais il y a eu plus de problèmes que de profits. L’enjeu était tellement important que Colomb a été vaincu par sa conquête. C’était l’histoire d’un des hommes qui ont fait l’histoire et qui ne peuvent pas la dominer.
J'ai utilisé pour taper ce résumé le livre « Christophe Colomb, Amiral de la mer Océane » de Michel Lequenne mais aucun élément n'a été copié du livre .
Dernière mise à jour: le 15.04.2008 à 17:20 Licence: Libre de partager, modifier - Devoir de citer la source - Pas d'utilisation commerciale Daskoo.org, partage de cours