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1 Introduction 2 La culture 2.1 Notions de culture 2.2 Les différentes fonctions de la culture 2.2.1 Adaptation au milieu 2.2.2 Communication 2.2.3 Prévision des comportements 2.2.4 Solidarité affective 2.3 Les composantes de la culture 2.3.1 Valeurs 2.3.2 Normes 2.3.3 Diversité des cultures 2.3.3.1 Coexistences culturelles au niveau global 2.3.3.2 Coexistences culturelles au niveau individuel 2.3.3.2.1 Séparation 2.3.3.2.2 Assimilation 2.3.3.2.3 Intégration 3 La socialisation 3.1 Notion de socialisation 3.2 Différentes approches théoriques de la socialisation 3.2.1 Émile Durkeim 3.2.2 Pierre Bourdieu 3.2.3 Jean Piaget 3.2.3.1 Tranches d'âge, sociologues et publicitaires 3.2.4 Annick Percheron 3.2.5 Claude Dubar 3.3 Les agents de la socialisation 3.3.1 Agents primaires 3.3.2 Agents secondaires 3.3.3 Autres agents 3.4 Conclusion
La construction de l'identité de l'individu résulte en partie de l'apprentissage social, ce que l'on appelle la socialisation. En effet, en interriorisant les traits culturels d'une société, l'individu acquiert non seulement les attributs de la culture, mais aussi le sentiment d'appartenir à une collectivité.
La culture n'est pas donnée un fois pour toute, elle varie au cours du temps. D'une part parce que l'individu se socialise en réinterprétant les valeurs et normes transmises, et d'autre part parce que divers sous-cultures se côtoient et s'influencent.
La culture est une notion vague. C'est dans la pratique d'une activité que transparaît la culture. La question fondamentale à laquelle les sciences sociales sont confrontées, c'est l'établissement d'une ligne de partage entre l'inné et l'acquis.
L'inné est donné à la naissance, l'acquis est construit le long de la socialisation.
Au sens courant, la culture recouvre un ensemble de connaissances scolaires et extra-scolaires considérées comme nobles : arts platiques, musique, théâtre, cinéma, littérature et philosophie. On parle alors de "culture savante".
Au sens anthropologique, selon Edward B. Tylor (1871), la notion de culture embrasse un champ beaucoup plus large n'excluant pas la culture savante mais regroupant des éléments qui pourraient nous paraître d'une valeur plus modeste. C'est ce qui constitue l'héritage sociale dont l'individu est le dépositaire conscient ou inconscient. Acquise par apprentissage, la culture n'est pas reproduite à l'identique pour autant, ce qui la rend susceptible d'évolutions.
Entre ces 2 notions, l'une très restrictive, l'autre très large, cette définition de la culture :
La culture permet :
La culture permet à l'individu de s'adapter à son environnement géographique et climatique en lui offrant un ensemble de solutions à ses problèmes de survie : nourriture, habillement, logement.
Exemples :
La culture permet la communication entre les individus. La communication exige l'emploi d'un langage et de symboles qui distinguent les groupes sociaux entre eux.
La culture permet de prévoir les comportements d'autrui. Dans un même culture, les individus adoptent des comportements semblables, des attentes précises les uns par rapport aux autres. Ainsi, lorsque l'on connaît la culture d'un peuple, on peut prédire (en partie) les comportements individuels de ses membres.
La culture permet la solidarité affective : elle propose à l'individu de s'identifier aux mêmes valeurs, symboles, normes, modèles de conduite. Ce partage d'une même culture assure l'unité du groupe et permet à chaque individu de s'identifier à ses objectifs.
Une culture forme un ensemble structuré dont les différents éléments s'articulent de manière relativement cohérente.
Parmis ces éléments, figurent les valeurs qui se situent dans l'ordre de l'idéal : ce qui est bon/mauvais, certains faits, certaines manières d'être sont considérées comme bonnes/mauvaises. Ces valeurs fournissent aux membres d'une culture donnée des points de repère moraux pour apprécier les êtres et les situations.
Les valeurs sont interdépendantes, s'ordonnent généralement selon une certaine hiérarchie et forment un système appelé ethos. Les valeurs peuvent entrer en contradiction les unes avec les autres.
Exemples sociétals :
Les valeurs se spécifient dans des règles précises qui définissent les comportements appropriées dans des circonstances déterminées. Ce sont les normes. Elles s'appuient sur des sanctions positives ou négatives pour réguler la vie sociale. Leur degré contraignant (des sanctions) et leur caractère sont variables.
Certaines normes sont impératives et codifiées dans des textes de loi (d'où le nom de normes juridiques), d'autres ont simplement un caractère coutumier et fonctionnel (= normes sociales ou moeurs). Certaines normes sont universelles et s'appliquent donc à tous les membres d'une société, d'autres ont un caractère local et diffèrent selon la place qu'occupent les individus dans la société. La différentiation des règles de conduite selon la position sociale renvoie aux notions de statut et de rôle, qui font le lien entre l'individu et le système social. Au sein de ce dernier, peuvent être distingués différents sous-systèmes qui ont chacun une certaine autonomie, et qui se décomposent eux-mêmes en diverses positions assignées aux individus. Chacune des position sociale constitue le statut social des individus, et se trouve associée à des modèles de condition spécifique. Les comportements types qui sont ainsi attendus des individus en fonction de leur statut constituent les rôles sociaux. Certains comportements sont codifiés et imposés par le groupe social et se répètent chaque fois dans des circonstances particulière, ce sont les rites.
La culture est un ensemble complexe de savoirs, savoirs-faire, qui particularisent un groupe et lui donnent une identité collective.
Des groupes sociaux trouvent ainsi l'occasion d'affirmer leur existence en constituant chacun une sous-culture, c'est-à-dire une subdivision de culture globale à laquelle elle se rattache (ce terme n'est pas du tout péjoratif ).
Une contre-culture est une sous-culture élaborée plus ou moins spontanément par un groupe qui prétend s'opposer aux modèles culturels les mieux admis.
Si la culture n'est pas monolitique (= uniforme et statique dans l'espace), elle n'est pas non plus immuable (statique dans le temps). La confrontation entre cultures différente est la source essentielle de changements culturels.
La notion d'acculturation : association de plusieurs cultures recouvrant l'ensemble des phénomènes complexes qui se produisent lors de contacts culturels prolongés. Lorsque 2 cultures sont mises en rapport, l'influence transformatrice peut être :
Cette influence porte tantôt sur des éléments essentiels, tantôt sur des éléments secondaires. Elle peut avoir lieu brutalement ou progressivement. Elle peut introduire des contradictions insurmontables dans une culture qu'elle bouleverse, ou se révéler compatible avec toute une série d'éléments qui restent inchangés.
Au niveau individuel, l'acculturation peut entraîner une véritable crise d'identité dans laquelle les individus perdent leurs repères essentiels. En effet, il faut savoir choisir un dosage entre 2 impératifs contradictoires :
Il existe 3 cas de figures :
L'individu choisit la coupure et maintient son identité en acceptant les inconvénients qui peuvent en découler. Exemple : le jeune breton qui parlait breton à l'école portait un os de vache pendant une semaine autour du coup.
L'individu abandonne totalement sa culture d'origine pour adopter intégralement une nouvelle culture. Exemple : l'individu qui choisit d'entrer dans une secte.
L'individu trouve un équilibre cohérent entre le maintient de certaines de ses racines culturelles et l'adoption d'une partie de la culture extérieure.
C'est l'ensemble des mécanismes qui font l'apprentissage des rapports sociaux entre les humains et l'assimilation des valeurs, normes et croyances d'une société.
L'humain ne naît pas social, il le devient.
L'humain vit en société et son comportement est largement influencé par son environnement social.
Vivre en société suppose un apprentissage. Cet apprentissage se fait dès la naissance et se poursuit tout au long de la vie par "le processus de socialisation".
La socialisation se fait dans des contextes variés et selon de modalités différentes, mais elle poursuit un même et seul objectif : toute société désire que l'individu intériorise les valeurs (c-à-d les idéaux de la société dans laquelle il vit), les normes (= règles de conduite qu'il est nécessaire de respecter pour être admis dans cette société), les rôles (= modèles de conduite attachés à un statut social) et le langage (= ciment de la société).
La notion de socialisation se situe au carrefour de la sociologie et de la psychologie.
Durkeim est holiste et a donc une approche sociologique de la socialisation.
⇒ Les règles sociales s'imposent à l'individu de manière contraignante. (Fichier source XCF ( http://dualwebnet.info/daskoo/shema_durkeim.xcf))
P. Bourdieu, La distinction (1979), est proche de Durkeim avec sa notion d'« habitus ».
L'habitus est l'ensemble des dispositions (comportement, style, mode de vie, etc.) acquises au sein du milieu et qui vont par la suite structurer les pratiques quotidiennes.
Selon Bourdieu, la socialisation peut se faire de manière avouée (= implicite) et coercitive (= explicite). Dans ce cas, on inculque de gré ou de force les valeurs et les normes.
Le plus souvent, la socialisation s'effectue :
Selon Bourdieu, plus la socialisation est diffuse, plus elle est efficace. En effet, l'enfant n'a aucune raison de la remettre en cause. Son modèle social devient pour lui quelque chose de naturel.
J. Piaget (1896-1980), individualiste, approche psychologique, auteur de :
J. Piaget développe un point de vue qui fait dépendre le social à la foi de l'individu et de son milieu dans une conception/construction réciproque ⇒ l'un intervient sur l'autre.
Selon Claude Dubar (La socialisation, 1991), Piaget distingue 4 étapes de la socialisation chez l'enfant correspondant à 4 conceptions de la norme :
Noms donnés aux différentes tranches d'âge par les sociologues et les publicitaires :
Annick Percheron, assistante de Piaget, La socialisation politique (1993)++, interactionniste.
Par assimilation, le sujet chercherait à modifier son environnement pour le rendre plus conforme à ses désirs et diminuer ses sentiments d'anxiété et d'intensité (= de stresse).
Par l'accommodation au contraire, le sujet tendrait à se modifier pour répondre aux pressions et contraintes de son environnement.
Percheron ajoute un 5ème stade, celui de l'« adulescent », de 18 à 30 ans.
Claude Dubar, La Socialisation (2000).
Famille et école vont forger la personnalité de l'enfant puis de l'adolescent et lui permettre d'acquérir les bases essentielles du comportement social.
Groupes de pairs et le monde de l'entreprise continuent de façonner l'individu, mais dans des domaines spécifiques.
Le rôle premier de la socialisation est joué par la famille et l'école. Selon une socialisation différentielle, dans une société différenciée selon le sexe et l'origine sociale. Les autres agents de socialisation, malgré leur importance, n'ont pour fonction que d'adapter un être social à une situation particulière.
L'éducation permet de socialiser les individus, de les rendre aptes à vivre en société en leur inculquant valeurs, normes et culture de cette société.
Le réflexe conditionné s'oppose au réflexe naturel : le dressage, l'apprentissage, la répétition permettent aux enfants d'acquérir des habitudes et des comportements nécessaires à la vie en société.
C'est grâce aux relations qu'il établit avec autrui, au sein de la famille, de l'école, de l'univers professionnel, que l'individu intériorise (= rend siennes) les valeurs et normes de la société.
Dernière mise à jour: le 03.09.2009 à 18:26 Licence: Libre de partager, modifier - Devoir de citer la source - Pas d'utilisation commerciale Daskoo.org, partage de cours