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Dernière version du 21.11.2008 17h26
1 Force en mécanique relativiste 2 Energie en mécanique relativiste 2.1 Energie au repos, ou équivalence masse-énergie 3 Comportement de l'énergie et de l'impulsion en fonction de la vitesse 3.1 Impulsion en fonction de la vitesse 3.2 Energie en fonction de la vitesse 4 Limite non-relativiste de la mécanique relativiste 5 Les ''luxons'' 6 Application : accélération d'une particule chargée par un champ électrique uniforme 7 Rêvons un peu : hypothèse des ''tachyons'' 7.1 Voyagerons-nous un jour dans un vaisseau supraluminique à masse imaginaire ?
Faute d'un formalisme assez évolué (notamment le formalisme lagrangien (1) que l'on peut regarder sur mon site sous les titres "Principe de moindre action" et "mécanique relativiste"), nous ne pourrons pas tout établir très élégamment (certains disent que l'esthétique est quasiment un critère en physique théorique !). Mais tout raisonnement présenté ici sera rigoureux
La mécanique relativiste étudie les forces appliquées à des objets dans le cadre de la relativité restreinte, par exemple lorsqu'on accélère un objet jusqu'à une vitesse non négligeable par rapport à la vitesse de la lumière. Nous avons défini l'impulsion (ou "quantité de mouvement") relativiste par Nous définirons toujours la force de manière "dynamique" par son effet sur l'objet qui la subit : la variation d'impulsion par unité de temps, mesurée dans le référentiel considérée : Dans cet exposé, cela ne pose pas de vrai problème, car il y a aussi l'observation, la mesure et l'expérience, qui confirment ce choix.
Pour une particule de masse douée d'une vitesse dans le référentiel où on la considère. Nous avons juste indiqué (voir "initiation à la relativité restreinte" sur Daskoo) que l'énergie de la particule est définie par Nous allons prouver ici que cette définition est justifiée, en accord avec notre choix précédent de la définition de la force. En effet, si nous appliquons une force sur un objet, cette force fournit un travail, ce travail n'étant rien de plus que la variation d'énergie de l'objet due à cette action. On a donc Calculons (on prendra pour plus de simplicité une force qui déplace son point d'application dans sa propre direction, x) Or avec on a On a bien justifié le choix de pour l'énergie en mécanique relativiste.
Pour un objet de masse , au repos dans le référentiel où on le considère, l'énergie est (en posant ) : C'est la fameuse formule d'Einstein établissant l'équivalence entre masse et énergie, c'est-à-dire entre matière et énergie. Elle a ouvert, depuis 1905 où A. Einstein l'a publiée, des perspectives inouïes dans la physique, en particulier, tout ce qui est production et libération d'énergie. Nous n'entrerons pas dans les détails, même les ordres de grandeur, qui sont fantastiques, ici.
Traçons la courbe représentative de Elle a l'allure suivante : L'impulsion d'une particule croît, lorsque sa vitesse croît, en tendant vers l'infini quand cette vitesse tend (par valeurs inférieures) vers c, vitesse de la lumière. Et comme l'accroissement d'impulsion est due à la force qui l'accélère, cela veut dire que l'on peut appliquer une force aussi grande et aussi longtemps, sur une distance aussi grande qu'on veut, on ne peut faire atteindre la vitesse de la lumière à un objet matériel.
Traçons la courbe représentative de Elle a l'allure suivante : L'énergie vaut bien entendu au repos, puis croît, tendant vers l'infini si la vitesse tend vers c, vitesse de la lumière. Ainsi, quelle que soit la dépense d'énergie, on ne peut faire atteindre à un objet matériel la vitesse de la lumière (on en approche seulement).
La mécanique newtonienne, que nous utilisons tous les jours pour piloter un avion ou même envoyer un satellite en orbite terrestre ou lunaire (et même, avec une précision très acceptable, vers Mars ou Vénus), est bien sûr vraie en tant que limite de la mécanique relativiste, qui est vraie pour tous les domaines de vitesse de 0 à c, vitesse de la lumière. Regardons par exemple l'impulsion : lorsque Pour l'énergie, nous utiliserons la formule d'approximation (voir la leçon "approximations du premier ordre" dans Mathématiques) : en particulier ici Donc On retrouve l'énergie cinétique sous sa forme newtonienne, classique : Quant à nous, plus rigoureusement, nous définirons l'énergie cinétique comme
Nous avons vu (relativité restreinte) que pour une particule dotée d'une masse , l'impulsion et l'énergie sont les composantes d'un même quadrivecteur :
Nous savons aussi que tout quadrivecteur est associé à un invariant, "carré scalaire" dudit quadrivecteur, ici (tous calculs faits) : Cette relation entre énergie, impulsion et masse, que nous écrirons aussi est générale pour tous les objets matériels. Pour un objet de masse nulle (), on a et les formules ne peuvent que prendre la forme indéterminée autrement dit, exactement. C'est notamment le cas du photon, boson qui véhicule l'interaction électromagnétique, et qui à l'état libre, constitue la lumière. Nous retiendrons le fait que la nullité de la masse équivaut à l'égalité de la vitesse de la particule, dans tout référentiel d'inertie, à c exactement.
Si l'on place une particule de masse et de charge électrique dans un champ électrique uniforme , elle subit la force dite électrique On peut donc écrire ou, mieux : ce qui revient en fait à Si l'on démarre à avec , cela donne Ce qui donne aisément La particule accélère d'abord "classiquement" : (c'est-à-dire ) puis, si la force électrique ne cesse de s'appliquer, voit sa vitesse tendre par valeurs inférieures vers la vitesse de la lumière :
Vers les années 1970, les physiciens théoriciens s'intéressaient beaucoup à une voie de recherche : celle des tachyons (du grec tachyos, rapide), qui voyageraient plus vite que la lumière. L'hypothèse est simple : on admet toujours que toute particule a une impulsion et une énergie toutes les deux réelles. Si leur masse n'était plus représentée par un nombre réel positif, mais un nombre imaginaire : alors pour conserver la réalité de l'impulsion et de l'énergie, on devrait considérer uniquement des vitesses strictement supérieures à celle de la lumière ; on aurait alors Représentons sur le même diagramme les impulsions de deux particules, l'une de matière "usuelle" (que nous appellerons tardon (avec masse réelle m), et l'autre, un tachyon de masse :
On voit que la "barrière de la lumière" sépare à tout jamais les tachyons des tardons : pour faire descendre un tachyon à la vitesse de la lumière, il faudrait lui communiquer une impulsion infinie, tout comme pour faire atteindre à un tardon la vitesse de la lumière. Remarquons simplement en examinant ce diagramme, que pour , l'impulsion d'un tachyon ne s'annule pas comme celle d'un tardon à , mais tend vers la constante . La demi-droite verticale d'équation représente les états d'un luxon. Regardons maintenant le comportement en énergie en fonction de la vitesse d'un tachyon et d'un tardon : Là encore, on voit que le tachyon et le tardon sont séparés par une barrière infranchissable : de même qu'une énergie si grande soit-elle sera toujours insuffisante pour accélérer un tardon jusqu'à la vitesse de la lumière, aucune énergie ne sera suffisante pour décélérer un tachyon pour lui donner exactement la vitesse c. Ici également, les luxons sont représentés par la verticale d'équation . On remarque que l'énergie d'un tachyon tend vers 0 lorsque sa vitesse tend vers l'infini (il devient évanescent, en quelque sorte).
Faisons cette hypothèse : se pourrait-il qu'un objet, isolé en plein espace, puisse subir une sorte de "transition" transformant instantanément sa masse réelle en une masse imaginaire ? L'objet constituant un système isolé, nous devrions vérifier à la fois la conservation de son énergie et de son impulsion au cours de la "transition" ; autrement dit : Or les racines carrées ne sont définies que pour ; et le système d'équations implique ce qui est irréalisable : on ne peut à la fois conserver l'énergie et l'impulsion du système. Impossible de faire passer votre astronef de l'état "Tardon" avec masse réelle à un état "Tachyon" avec masse imaginaire ! Si jamais il existait des tachyons, ils demeureront tachyons, et les tardons resteront à perpétuité des tardons...
Un beau rêve à classer, un !
Heureusement, il y a bien d'autres pistes en physique... On compte sur la jeunesse pour les explorer et ramener de nouvelles moissons de découvertes !
================================================================================================================ (1) Voir dans mon site : "Principe de moindre action", et "Introduction à la Mécanique relativiste" http://pagesperso-orange.fr/…/cours_physique.html_ ( http://pagesperso-orange.fr/rjosh/cours_physique.html)
Dernière mise à jour: le 21.11.2008 à 18:26 Licence: Libre de partager, modifier - Devoir de citer la source - Pas d'utilisation commerciale Daskoo.org, partage de cours