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A Rome, les grands de ce monde méprisent les petits et les appellent : « mangeurs de pois frits et de noix ». Peu de temps après son décès, le corps de l’homme pauvre est placé sur une étroite litière : « lecticula », ou dans un coffre appelé «arca» ou « sandapila ». Une toge d’emprunt, de mauvaise qualité, revêt le corps du défunt : c’est souvent la première et la dernière fois que la personne disparue porte ce type de vêtement prestigieux de citoyen romain.
Des libitinaires courent se débarrasser du cadavre hors de la Porte Esquiline, à l’extérieur de l’enceinte de Rome, dans un champ où ont été construits plusieurs celliers en forme de citernes, appelés « puticuli » (petits puits) comportant des orifices circulaires dans la voûte et qu’on ferme avec une dalle. Chaque soir, un de ces celliers s’ouvre à tous les morts de la journée. Les vespillons (employés libitinaires) les y précipitent pêle-mêle. La plupart des corps n’ont pas de linceul.
Ces funérailles des pauvres se font à la chute du jour. Les vespillons, qui sont les croque-mort des pauvres, sont appelés les « dépouilleurs de cadavres » (« cadaverum nudatores ») : ils volent au mort son linceul avant de le jeter dans le puits ; ils lui dérobent même le triens d’airain qu’il tenait dans sa bouche.
Quand la mortalité est trop grande (par exemple à l’occasion d’une épidémie), les pauvres reçoivent l’honneur des bûchers, mais par tas. Le principe est de placer un corps de femme pour dix corps d’hommes, parce que les femmes renfermeraient un principe calorique et s’enflammeraient plus facilement.