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1 Introduction 2 Equations d'Euler-Lagrange 2.1 Interprétation 3 Energie du système 4 Lagrangiens de systèmes mécaniques élémentaires 4.1 Point matériel libre 4.2 Point matériel dans un champ de forces dérivant d'un potentiel 5 Point matériel en théorie relativiste
On observe que l'évolution d'un système, en physique, correspond toujours à la minimisation d'une certaine quantité. Ainsi : - un objet posé sur un support a tendance à rouler jusqu'au point le plus bas (altitude minimale, énergie potentielle de pesanteur minimale) - un rayon de lumière traversant le dioptre formé par la surface d'un liquide se réfracte de façon à ce que son temps de parcours entre un point A situé dans l'air et un point B situé dans le liquide soit le plus petit possible. etc.
En observant tous les cas connus, on peut faire l'hypothèse que, si l'on peut repérer l'évolution d'un système à chaque instant par les coordonnées spatiales et celles des différentes vitesses, l'intégrale sur le déplacement d'une certaine fonction des positions et des vitesses est minimale (ou extrémale, si l'on considère son opposé, ce qui ne change rien physiquement).
Supposons que le système soit repéré à chaque instant par coordonnées d'espace indépendantes, cartésiennes ou curvilignes , et par leurs dérivées en fonction du temps, . On appellera s le nombre de degrés de liberté du système.
La fonction est appelée trajectoire du système (dans un espace )
Faisons l'hypothèse qu'il existe une fonction , dont l'intégrale sur le parcours d'une "position" A (définie par ) occupée à l'instant à une "position" B (définie par atteinte à l'instant soit minimale pour la trajectoire effectivement parcourue par le système. On la notera pour abréger .
L'intégrale qui doit ainsi être minimisée est appelée intégrale d'action :
Ecrivons la variation de l'intégrale d'action pour une "petite variation" de la trajectoire, à savoir : avec et tous assez "petits" (proches de 0) et (pour assurer qu'on part toujours du même point A pour arriver au même point B).
On peut écrire
Au voisinage du minimum de , cette variation doit tendre à s'annuler lorsque les (penser à la dérivée d'une fonction en un point où elle atteint un extremum).
Comme les sont considérés comme infinitésimaux, on suppose qu'on peut s'en tenir à un développement de Taylor au premier ordre en négligeant les ordres supérieurs :
Or comme , on a :
On peut donc intégrer par parties :
Le crochet s'annule par définition (avec les aux extrémités de la trajectoire) ; on obtient finalement :
Cette intégrale s'annule pour toutes les variations infinitésimales des , même si seule la coordonnée d'ordre i est non nulle, toutes les autres étant nulles ; on doit donc avoir
Ces s équations sont les équations d'Euler-Lagrange (ou plus simplement, équations de Lagrange).
En Mécanique classique élémentaire, les équations du mouvement d'un objet ponctuel s'écrivent
avec
On appellera ici force généralisée le vecteur à s coordonnées et impulsion généralisée le vecteur à s coordonnées
Alors les s équations de Lagrange s'écrivent
Par définition, l'énergie est une quantité scalaire (numérique) qui se conserve au cours du temps.
Or on a
On a donc
(en omettant les mentions sur )
soit
On posera
(énergie mécanique du système)
Considérons un corps ponctuel de masse m, soumis à aucune force, dans l'espace repéré par un référentiel donné.
Son lagrangien ne doit pas dépendre des coordonnées d'espace , car il n'a aucune localisation priviligiée dans l'espace ; ce lagrangien ne dépend que des coordonnées de vitesse dans le référentiel considéré.
De plus, il n'existe pas de direction privilégiée de l'espace, pour lui, l'espace est isotrope ; il ne dépend pas du vecteur vitesse , mais seulement de la norme du vecteur-vitesse, ou , ou de son carré,
Comme , on peut écrire les équations du mouvement (c'est-à-dire de Lagrange) :
Soit
On peut poser en partant de la définition connue en mécanique élémentaire, ce qui donne
On a bien un lagrangien qui dépend de la vitesse, mais uniquement de la norme de celle-ci, et l'on a fait la jonction avec la mécanique élémentaire.
On retrouve pour l'impulsion ("quantité de mouvement") du corps ponctuel :
et l'énergie
L'énergie d'un point libre dans l'espace est donc son énergie cinétique, définie de manière classique et élémentaire.
Une force dérivant d'un potentiel vérifie
notée aussi (lire "nabla U") ou
Or on avait en général (en coordonnées cartésiennes)
d'où l'idée d'ajouter au lagrangien de la particule libre, , un terme supplémentaire :
On pose donc (quitte à vérifier ensuite) pour la particule soumise à des forces dérivant du potentiel U :
Dans ces conditions, l'expression de l'énergie devient
et l'on retrouve
En relativité restreinte, nous savons que l'intervalle élémentaire d'espace-temps, , défini par
noté
(On a pour toute particule matérielle, ce qui signifie également que sa vitesse, mesurée dans tout référentiel, est inférieure à , vitesse de la lumière)
sur la trajectoire d'espace-temps d'un mobile, est un invariant relativiste (invariant par changement de référentiel galiléen).
On peut faire l'hypothèse que pour une particule matérielle libre, l'action n'est autre (à une constante multiplicative, d'une certaine dimension physique, près) que l'intervalle d'espace-temps :
D'où le lagrangien d'une particule libre, en théorie relativiste :
Pour préciser la signification de k, calculons l'impulsion de la particule :
Or pour les vitesses négligeables par rapport à c, on doit retrouver asymptotiquement la mécanique classique, à savoir ;
Pour ,
d'où l'identification
et (pour la particule libre) :
ce qui donne immédiatement
Calculons à présent l'énergie de la particule libre :
On retrouve la célèbre formule due à A. Einstein :
plus connue sous sa forme où la particule est au repos dans le référentiel considéré :
Voyons la relation entre cette définition de l'énergie et celle de la mécanique non-relativiste : Si la vitesse de la particule est petite par rapport à c, on peut faire le développement limité de l'expression
On retrouve l'énergie "de masse" du corps au repos, , puis l'énergie cinétique classique, , puis des corrections relativistes de différents ordres.
Ordres de grandeur : pour , et
Le terme correctif est 100 000 fois plus petit que la valeur classique de l'énergie cinétique, donc négligeable. A ces vitesses, la mécanique classique reste une excellente approximation.
Nous pouvons conclure en donnant l'équation du mouvement d'une particule soumise à une force (définie par sa mesure dans le référentiel considéré) :
(dans le cas d'une force dérivant d'un potentiel U, le lagrangien devient )
Montrons que le travail d'une force appliquée à une particule est bien toujours la variation de l'énergie de cette particule :
Or
On a bien
Juste une remarque : lorsque le corps accéléré par la force approche de la vitesse de la lumière (son mouvement étant observé dans le référentiel galiléen défini au départ), , donc aucune force ne peut fournir un travail suffisant pour lui faire atteindre la vitesse de la lumière dans un référentiel galiléen donné.
Et la transformation de Lorentz, ainsi que sa conséquence, la transformation relativiste des vitesses, montre qu'aucun corps matériel ne peut atteindre la vitesse de la lumière, dans tout référentiel galiléen.