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Mécanique céleste

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Sommaire

1 Planéité du mouvement
2 Mise en équations
2.1 Deuxième loi de Kepler
2.2 Formules de Binet
3 Résolution des équations du mouvement
3.1 Première Loi de Kepler
4 Energie et classement des trajectoires des corps célestes
4.1 Périhélie, aphélie, paramètre et excentricité
4.2 Troisième loi de Kepler
5 Application à la navigation interplanétaire : orbite de Hohmann pour le transfert Terre-Mars

Nous allons voir que le problème du mouvement d'une planète autour du Soleil (en négligeant toute influence d'autres planètes ou corps célestes) se ramène à un problème assez simple dans le plan, du moins si nous savons le simplifier.

Planéité du mouvement

Une planète de masse m est soumise de la part du Soleil (de masse M) à une force attractive de nature gravitationnelle

Formule mathématique

où Formule mathématique est le vecteur unitaire dirigé du centre S du Soleil au centre P de la planète.

On a posé Formule mathématique

On supposera d'abord ici que M >> m, ce qui permettra de supposer que la force Formule mathématique subie par le Soleil ne lui communiquera qu'une accélération négligeable, et que par suite, on pourra supposer le Soleil fixe dans un référentiel galiléen, que nous appellerons référentiel héliocentrique.

Rappelons le théorème du moment cinétique. Le moment cinétique de la planète P par rapport au point S est

Formule mathématique

Le moment d'une force Formule mathématique subie par la planète par rapport au point S est

Formule mathématique

et le théorème du moment cinétique affirme que

Formule mathématique

Or une planète est soumise à une force centrale, c'est-à-dire telle que Formule mathématique.
Ce qui implique

Formule mathématique

P se trouve dans un plan passant par le point (admis comme) fixe S et orthogonal à un vecteur fixe, Formule mathématique, donc de direction fixe.

Le mouvement de P est donc plan, nous appellerons ce plan écliptique pour le cas de la planète Terre.

Mise en équations

Nous choisirons dans le plan de l'écliptique, un repère Formule mathématique dont les vecteurs unitaires sont dirigés vers des étoiles fixes (ce repère est lié au référentiel héliocentrique, considéré comme galiléen).

On posera

Formule mathématique
Formule mathématique

et l'on définira un repère mobile Formule mathématique tel que

Formule mathématique

soit dans la base Formule mathématique :

Formule mathématique

et Formule mathématique est directement orthogonal à Formule mathématique, soit

Formule mathématique

On remarquera que

Formule mathématique
Formule mathématique

(la notation Formule mathématique désigne Formule mathématique)

On a donc

Formule mathématique

La vitesse de P (dans le référentiel héliocentrique, mais on omettra cette précision à partir d'ici) est

Formule mathématique

soit

Formule mathématique

et l'accélération de P est

Formule mathématique

soit

Formule mathématique

Comme

Formule mathématique

On déduit de la dernière expression de l'accélération le système d'équations

Formule mathématique

Deuxième loi de Kepler

La première équation du système précédent peut s'écrire

Formule mathématique

soit

Formule mathématique

On a donc

Formule mathématique

où C est une constante, appelée constante des aires.

Pourquoi cette dénomination ? En effet, considérons un mouvement infinitésimal de la planète : l'aire balayée par le rayon-vecteur Formule mathématique est
Formule mathématique

L'aire balayée en une unité de temps, ou vitesse aréolaire, est

Formule mathématique

C'est une constante : pendant une durée t, l'aire balayée par le rayon-vecteur Formule mathématique est Formule mathématique.

Enonçons la deuxième loi de Kepler :
Les aires balayées par le rayon-vecteur reliant le Soleil à la planète en des temps égaux sont égales.

Formules de Binet

Nous allons voir qu'une idée extrêmement simple peut nous aider en simplifiant puissamment notre problème.

Posons Formule mathématique. Alors la définition de la constante des aires s'écrit

Formule mathématique

et

Formule mathématique

(On a posé Formule mathématique, d'où Formule mathématique) ce qui donne la formule très simple :

Formule mathématique

De même, en dérivant cette dernière égalité, Formule mathématique

soit

Formule mathématique

Résolution des équations du mouvement

Première Loi de Kepler

La deuxième équation du système, Formule mathématique, s'écrit

Formule mathématique

soit

Formule mathématique

Une équation différentielle fort simple !
Sa solution générale est :

Formule mathématique

où K et Formule mathématique sont des réels quelconques. Cela nous donne

Formule mathématique

que nous écrirons

Formule mathématique

ou

Formule mathématique

Cette équation est l'équation en coordonnées polaires d'une conique, dont un foyer est le soleil.
Nous allons voir que e< 1, auquel cas la conique est une ellipse.

La Première Loi de Kepler s'énonce ainsi :
Les planètes parcourent des ellipses dont le Soleil occupe l'un des foyers.

On appellera Formule mathématique le paramètre de l'orbite, e son excentricité.

Energie et classement des trajectoires des corps célestes

On sait que l'énergie mécanique d'une planète dans le champ gravitationnel du Soleil est

Formule mathématique

On avait Formule mathématique

Avec Formule mathématique, Formule mathématique et Formule mathématique, on obtient

Formule mathématique

Cette énergie doit être négative pour que le système Terre-Soleil soit lié. Aussi, pour une planète, Formule mathématique.

On peut poser que l'excentricité est par définition positive, auquel cas, Formule mathématique. (en effet, changer de signe le nombre e revient à ajouter un angle Formule mathématique dans l'argument du cosinus ; cela revient donc à un choix de l'origine des angles).

Formule mathématique correspond aux orbites elliptiques dont le Soleil occupe l'un des foyers.

Le cas Formule mathématique correspond à Formule mathématique (en s'éloignant à l'infini, l'astre voit sa vitesse tendre vers zéro). L'orbite est une parabole dont le Soleil est le foyer : il vient de l'infini, contourne le Soleil et repart à l'infini.

Les cas Formule mathématique correspondent à Formule mathématique (en s'éloignant à l'infini, l'astre conserve une vitesse minimale Formule mathématique : son orbite est une hyperbole dont le Soleil occupe l'un des foyers. L'astre vient de l'infini d'un mouvement quasi-rectiligne, puisqu'il frôle l'une de ses asymptotes, et repart de même à l'infini après avoir contourné le Soleil.

Périhélie, aphélie, paramètre et excentricité

Posons Formule mathématique. Les maximum et minimum de r sont

Formule mathématique

Le point de l'orbite où Formule mathématique est appelé périhélie" ou plus généralement périastre ; et le point opposé de l'orbite, où Formule mathématique, est appelé aphélie ou plus généralement apoastre''.

Connaissant Formule mathématique, on peut calculer p et e :

Formule mathématique

soit

Formule mathématique

ce qui justifie le terme "excentricité", et

Formule mathématique

ou

Formule mathématique

Cette dernière égalité signifie que p est la moyenne harmonique de Formule mathématique

Troisième loi de Kepler

Cette loi affirme que

Les carrés des périodes de révolution sont proportionnels aux cubes des grands axes des orbites planétaires.

Voyons la période de révolution orbitale (durée de l'année planétaire) : on sait que la vitesse aréolaire est

Formule mathématique ; commme l'aire de la surface limitée par l'ellipse de demi-grand axe a et de demi-petit axe b est Formule mathématique, on a

Formule mathématique

où T est la période de révolution planétaire. D'où :

Formule mathématique

Or le demi-grand axe de l'orbite d'équation en coordonnées polaires
Formule mathématique

est

Formule mathématique

et le demi-petit axe de l'orbite est

Formule mathématique

Or cette fonction a un maximum au point où sa dérivée s'annule :

Formule mathématique

soit

Formule mathématique

Alors

Formule mathématique

Donc

Formule mathématique

et

Formule mathématique

soit

Formule mathématique

ou

Formule mathématique

De cette égalité découle la Troisième Loi de Kepler.

Application à la navigation interplanétaire : orbite de Hohmann pour le transfert Terre-Mars

L'orbite de Hohmann est la trajectoire réclamant la plus petite dépense énergétique pour passer d'une orbite circulaire de rayon r à une autre orbite circulaire de rayon R. C'est une ellipse tangente aux deux cercles.
Orbite de Hohmann
Une première poussée a lieu au départ en P (périhélie de l'orbite de Hohmann) ; à l'arrivée au point de contact avec l'orbite martienne, en A (aphélie de l'orbite de Hohmann), on doit fournir une deuxième poussée, pour augmenter la vitesse orbitale du vaisseau et lui donner celle de Mars, sans quoi celui-ci "retomberait" par l'autre demi-ellipse vers le point P sur l'orbite terrestre, et continuerait indéfiniment son mouvement orbital elliptique.

Calculons les vitesses orbitales de la Terre et de Mars : elles sont solutions de

Formule mathématique
et
Formule mathématique

(M est la masse du soleil)

soit

Formule mathématique

On a vu que la vitesse a pour carré

Formule mathématique

avec

Formule mathématique
et
Formule mathématique

soit

Formule mathématique

comme Formule mathématique, cela donne

Formule mathématique

Au périhélie P, on a

Formule mathématique

et à l'aphélie A :

Formule mathématique

Calculs annexes :
Formule mathématique
et
Formule mathématique

On a posé Formule mathématique (c'est approximatif)

ce qui donne par exemple

Formule mathématique

donc

Formule mathématique

D'autre part, en examinant un schéma de l'ellipse de Hohmann,

Formule mathématique

Donc

Formule mathématique

Donc

Formule mathématique

et

Formule mathématique

Conclusion :

Au périhélie, au voisinage de la Terre, on doit donner au vaisseau une vitesse supplémentaire Formule mathématique

et à l'aphélie, au voisinage de Mars, on doit donner au vaisseau une vitesse supplémentaire Formule mathématique

Remarque
En fait, on doit dépenser plus que cela : pour pouvoir être considéré comme au départ en P, il faut déjà avoir atteint la vitesse de libération du champ gravitationnel de la Terre, soit Formule mathématique

En effet, le calcul de la vitesse de libération s'écrit

Formule mathématique
soit
Formule mathématique

Il faut enfin compter avec l'énergie dépensée à l'arrivée pour la mise en orbite autour de Mars et l'atterrissage d'un véhicule adéquat, sinon de tout le vaisseau.

Durée du transfert (demi-période de l'orbite de Hohmann)

On a vu que la durée d'une révolution orbitale est

Formule mathématique

où A est l'aire de l'orbite elliptique, C la constante des aires.

On a

Formule mathématique

et

Formule mathématique

La durée du transfert est donc

Formule mathématique

Cette valeur est intermédiaire entre la demi-année terrienne (183 jours) et la demi-année martienne (1 année terrestre).